Analyse

L’immobilier de prestige parisien : un luxe réservé aux investisseurs étrangers

Le 11 janvier 2012 par Portail de l'IE
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Alors que le marché de l’immobilier classique peine à la relance, celui de l’immobilier de prestige parisien fait preuve d’une belle vitalité, malgré une explosion des prix et des ventes de plus de dix millions d’euros, surtout auprès des étrangers.

Entre janvier 2010 et janvier 2011, les prix de l’immobilier de luxe dans la capitale ont augmenté de 20%, avec une hausse de l’activité du marché de 5% sur la même période. Par ailleurs, PricewaterhouseCoopers classe Paris parmi les premières villes conseillées pour les investissements de ce genre à l’échelle européenne, au même titre que Munich, Istanbul et Londres. La capitale française bénéficie d’un capital d’attraction considérable auprès des investisseurs étrangers : Paris rime avec luxe et glamour.

S’il ne représente que 8 à 11% des transactions financières de l’immobilier parisien, le marché de l’immobilier de luxe draine des quantités phénoménales de devises. Selon Charles-Marie Jottras, Président du groupe Daniel Féau, leader sur le marché de l'immobilier de luxe parisien, les acheteurs étrangers sont trois fois plus nombreux à l’achat qu’à la vente, lorsque le prix dépasse les deux millions d’euros. Sur un marché où le mètre carré vaut a minima 10 000 euros, ces derniers sont omniprésents. Dans les premières gammes du luxe, et dans des quartiers parisiens qui ne sont pas considérés comme les plus prestigieux, les appartements se vendent déjà à plus d’un million d’euros. Inaccessibles aux fortunes françaises, les biens de prestige attirent de plus en plus d’investisseurs étrangers. D’origines diverses, la clientèle étrangère est dominée en 2011 par les Italiens et les Anglais, qui représentent selon les Notaires de Paris respectivement 23,4% et 6% des acquisitions. Le marché se caractérise également par l’arrivée massive des Chinois. Ces derniers achètent souvent dans un but professionnel, à la différence des autres investisseurs, parmi lesquels des Emirati, des Russes, des Brésiliens, des Argentins, ou encore des Suisses, attirés par la beauté d’un hôtel particulier parisien.

La rareté et la qualité de ces biens immobiliers parisiens provoquent une augmentation des transactions, preuve du dynamisme du marché, et valorisent toujours un peu plus les prix. Toutefois, l’augmentation des prix de ces biens se fait indépendamment de l’évolution du marché immobilier classique, sujet à d’autres problématiques. Loin de souffrir de la crise, le secteur de l’immobilier de luxe jouit, auprès des plus riches, d’un avantage considérable : il est considéré comme une valeur refuge, un investissement à long terme. Il s’agit pour les acquéreurs de mettre à l’abri leurs liquidités. Ce marché de l’immobilier se définit par l’absence de tout crédit, avec une clientèle bien différente de celle du marché de l’immobilier résidentiel classique : une clientèle qui achète un bien immobilier comme elle achèterait une œuvre d’art, pour sa rareté et sa qualité.

Le marché de l’immobilier se négocie à l’internationale, et est une cour de récréation où les investisseurs étrangers se permettent de faire jouer les effets prix et change, sources d’optimisation des opérations et de valorisation du patrimoine, sur différents marchés géographiques.