Analyse

L'avenir de la filiére nucléaire française en débat

Le 31 janvier 2012 par Portail de l'IE
© JLBaudet - ILL

A l'occasion du rapport de la cour des comptes sur la filière nucléaire qui parait aujourd'hui, le 31 Janvier 2012, le Portail de l'IE a décidé de s'attarder sur l'un des atouts industriels majeurs de la France.

Le rapport de la cours des comptes intervient dans un contexte particulier. Il fait suite tout d'abord à la catastrophe de Fukushima qui a impacté à grande échelle la question de plusieurs projets de centrales nucléaires et qui a poussé certains Etats tels l'Allemagne à se désengager de l'énergie nucléaire. La question du nucléaire est centrale pour la France, car elle représente une filière ayant accumulées connaissance et savoir faire durant plusieurs décennies sans accident d'importance majeure. Après la catastrophe de Fukushima se pose la question de l'avenir de la filière nucléaire française. Cette problématique a donné lieu au rapport parlementaire publié le 15 Décembre 2011  par la mission sur la sécurité nucléaire et l'avenir de la filière.

Pour la France, la filière nucléaire est synonyme de savoir faire industriel. Les entreprises françaises du secteur tel qu'EDF, Areva ou encore DCNS sont des acteurs de premiers plan sur la scène internationale et représentent plusieurs dizaines de milliers d'emplois.

Le deuxième axe important pour l'Etat français est l'assurance de sa sécurité énergétique.  Quand l'Allemagne abandonne son programme nucléaire, elle devient en premier lieu dépendante des centrales françaises pour son approvisionnement mais accroit également sa dépendance auprès du gaz russe avec l'inauguration récente du Northstream. La filière nucléaire est ainsi un enjeu de puissance pour la France et ses sociétés. Enjeu qui a déjà fait son entrée dans la campagne présidentielle de 2012 et qui trouve un consensus  pour le maintien d'une industrie nucléaire tant à gauche qu'à droite. Bien que le parti socialiste veuille diminuer la part du nucléaire dans le mixte énergétique français, le maintien de cette industrie n'est pas remis en cause.

Dans son avis sur la filière nucléaire française rendu le 10 Janvier 2012, l'Académie des sciences faisait quant à elle une série de recommandations pour accroitre la sécurité des installations. Après le rapport de l'Agence de Sureté Nucléaire et l'engagement d'EDF d'apporter les investissements nécessaires pour assurer la sécurité du système français, l'industrie nucléaire est au cœur de toute les préoccupations. Entre actions d'éclats pour Greenpeace et pragmatisme économique pour le lobby du nucléaire, la guerre de la communication a déjà commencé.

Le rapport de la cours des comptes traitera des coûts de la filière électronucléaire, il est important aujourd'hui d'avoir une vision prospective pour que la filière détermine ses débouchés et perspectives économiques.   La montée en puissance des pays émergents représente à la fois une opportunité à saisir mais également un défi avec des concurrents tels la Russie qui outre les centrales nucléaires classiques, mettra en service en 2012 sa première centrale nucléaire flottante. Un concept qui pourrait être synonyme de nouveaux marchés sur lesquels les acteurs français en la présence de DCNS et son projet FlexBlue ou Technicatome et le NP 300 seraient capables de se positionner.

Mathieu Dupressoir