Analyse

Interview de M. Dominique WOLOCH, directeur Sûreté de Sanofi

Le 11 juin 2018 par Théodore SOUDAT (Club Sûreté)

M. WOLOCH, ancien secrétaire des Affaires étrangères à l’ambassade de France en Syrie et au Yémen, a rejoint Sanofi en 2008 en tant que manager de la Lutte contre la Contrefaçon avant de devenir chef de la Sûreté Moyen-Orient de Sanofi.

La Sûreté chez Sanofi : une véritable culture d’entreprise

La direction de la Sûreté chez Sanofi travaille autour de trois principaux axes :

  • Assets and People protection : protection des installations et du personnel de l’entreprise.

  • Product Security : protection des produits véritable problématique en termes de protection des patients et d’enjeux réputationnels.

  • Information Security : protection du secret des affaires. En effet, la protection de la R&D dans le domaine pharmaceutique apparaît essentielle car cette dernière fournit un avantage concurrentiel extrêmement important.

Les moyens pour récupérer ces informations confidentielles sont divers et variés. Il existe notamment le social engineering, les attaques cyber etc. Ainsi la direction Sûreté doit détecter ces tentatives de vol d’informations et met en place des process et des stratégies sûreté pour anticiper ces attaques.

Pour M. WOLOCH, la culture de la sûreté au sein d’une entreprise est un facteur majeur. Le but de la sûreté est ainsi de sensibiliser et de responsabiliser les employés sur les risques qui existent autour d’eux et faire appel à leur vigilance pour éviter au maximum les crises. C’est pour cela que la direction de la Sûreté de Sanofi est amenée à sensibiliser ses collaborateurs sur les risques.

 

Les actions Sûreté de Sanofi mises en place en fonction du niveau de risque pays

Pour être informé des situations pays et ainsi anticiper les crises majeures, la direction de la Sûreté s’appuie sur son réseau Sûreté et un certain nombre de prestataires extérieurs dont les ambassades de France.

Grâce à ces informations, la direction Sûreté dresse une carte et un code couleur qui varie en fonction des zones à risque. Ainsi, le niveau vert d’un pays représente un état de sûreté maximale ou du moins, un pays où le risque n’est pas important. Dès lors, ce niveau de risque évolue et passe du vert au orange puis rouge (pays extrêmement risqué).

Par conséquent, toujours en fonction du niveau de dangerosité du pays, des dispositions plus ou moins contraignantes peuvent et doivent être prises. Par exemple, à Karachi ou à Bagdad, pour chaque déplacement du personnel de Sanofi, voiture blindée, gilet pare-balle et gardes du corps sont de rigueur.

La Direction de la Sûreté donne aussi des conseils sur les quartiers à éviter à ses expatriés.

Pour assurer une sécurité optimale des collaborateurs en déplacement, ces derniers doivent transmettre toutes les informations concernant leur voyage à la direction de la Sûreté du groupe (lieu d’hébergement, compagnie de taxi qu’ils prendront, etc.) pour assurer leur suivi et intervenir en cas d’urgence.

En outre, les collaborateurs disposent également d’une application (Secure Travel App) qui peut les géolocaliser grâce à un système d’alerte enclenché par le voyageur d’affaires en cas de danger. Ainsi, l’équipe Sûreté de Sanofi pourra prendre toutes les dispositions nécessaires pour aider son collaborateur.

 

La lutte contre la contrefaçon : le pré-carré de la lutte de Sanofi à travers le monde

La direction Sûreté a également pour vocation de lutter contre la contrefaçon. En effet, le secteur pharmaceutique est en proie à un développement croissant de la contrefaçon notamment dans les pays en voie de développement. Les principales sources de fabrication de faux médicaments sont, notamment, la Chine et le Pakistan.

Sanofi coordonne ainsi des enquêtes locales et internationales parfois en coopération avec d’autres groupes pharmaceutiques. L’objectif de toute enquête est l’identification des usines de production et leur démantèlement avec l’appui des autorités locales.

La protection des produits passe également par la protection des entreprises avec des systèmes d’identification plus ou moins sophistiqués mis en place dans les unités de fabrication qui permettent aux professionnels de la santé ou au patient d’authentifier un produit.

Le commerce en ligne est un point d’attention pour les laboratoires pharmaceutiques du fait de l’augmentation de ventes de contrefaçons via des sites en ligne. Une surveillance des sites est pratiquée chaque année par le Groupe.

Pour accomplir sa mission, le Direction Sûreté s’appuie sur un réseau de personnels qualifiés et compétents aux profils divers (anciens militaires, policiers, douaniers, mais également juristes, analystes, etc.). La compréhension des enjeux business permet ainsi d’optimiser l’action de la Sûreté au profit de ses partenaires et des intérêts du Groupe.

 

Théodore SOUDAT (Club Sûreté de l'AEGE)