Analyse

Bilan 2019 de la sûreté en France : un secteur en tension

Le 12 février 2020 par Maeva Delaunay

Avec une sécurité nationale fragilisée par les menaces terroristes quatre ans après les attentats perpétrées en 2015, le plan Vigipirate est aujourd’hui au niveau Sécurité renforcée – risque attentat. Il restera en vigueur jusqu’en 2020. Les tensions socio-économiques internes ajoutent à cette situation un sentiment d’insécurité généralisé au sein de la population.

Nicolas Lerner, patron de la DGSI, affirme que « la menace terroriste demeure élevée en cette fin d’année 2019 » en ajoutant par ailleurs que quatre attentats ont été déjoués sur cette même année. Cette affirmation est renforcée par le « Global Terrorism Index » de 2019 qui classe la France au 36e rang des pays les plus impactés par le terrorisme. 

De surcroit, l’année 2019 enregistre une hausse de 10,5 %  de crimes et délits dans la capitale française par rapport à cette même période en 2018 et dans ce cadre, les cas  de violence, tous types confondus, sont en hausse de 7,1 %. La délinquance a augmenté depuis janvier 2019, avec une hausse de 9 % d’actes portant atteinte volontairement à l’intégrité physique. A titre d’exemple, en décembre 2019, une moyenne de 120 agressions ou tentatives ont été enregistrées, rien que pour Paris intramuros. A l’échelle nationale,  la police et la gendarmerie ont enregistré 970 homicides sur l’année 2019, comprenant également les coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort contre 845 en 2018. Ces événements, qui se multiplient entre les divers mouvements sociaux, accroissent considérablement le sentiment d’insécurité au sein de la population.

La France a ainsi quitté le classement des cinquante meilleurs pays assurant la sûreté de leurs touristes. Cela est dû en partie à la place qu’occupe actuellement la France (120e place sur 140) concernant l’indice d’incidence terroriste. Pourtant, l’incidence de ce classement sur le nombre de touristes visitant la France demeure faible. En ce qui concerne le tourisme international entre 2018 et 2019, la France demeure en premiere position dans le classement des pays les plus visités, avec 91 millions de touristes, contre une prévision de 94 millions espérés. Cependant, le chiffre d’affaires demeure stable avec 60 milliards d’euros. Cette différence de fréquentation peut s’expliquer par une hausse du tourisme interne (+2,2 %), avec 316 millions de nuitées. 

 

Les entreprises françaises ne sont pas non plus épargnées par cet état de faits

Les attaques de ces dernières années ont fortement impacté l’économie des entreprises en France. La pays se classe en effet au 117e rang sur 140 concernant les coûts commerciaux liés au terrorisme.  

Les actes criminels envers les structures économiques restent un vecteur de menace pesant lourdement sur le territoire. Un type d’attaque particulier prédomine : la cybercriminalité. En effet, elles enregistrent une hausse de 25% par rapport à 2018 et représentent le risque majeur en termes de sûreté des établissements. Dans ce cadre, le vol d’informations représente également un risque majeur pour les entreprises. Aussi, les atteintes aux voyageurs d’affaires et des expatriés font également parties des préoccupoations principales des entreprises en termes de sûreté. 

Au-delà de ces sujets, la malveillance ordinaire est toujours présente, notamment dans les installations industrielles, impactant la sûreté du site (incendie volontaire) ou la sécurité publique (dégagement ou utilisation de produits dangereux subtilisés). Depuis 1992, 0,4 % des accidents survenus sur de tels sites se sont révélés être des actes délibérés. 

Or, malgré ces menaces, les entrepreneurs ont réalisé un record quant au nombre d’entreprises créées sur les onze premiers mois de 2019, dépassant les 750 000 structures, mettant ainsi en avant un nombre plus important de cibles potentielles, notamment en termes de cyberattaques. 

En 2020, l’effort de protection sur le plan national se poursuit donc sur la lutte contre le terrorisme et la criminalité. Quant aux entreprises, celles-ci se concentrent davantage sur la protection des données et sur la cybersécurité. 

En conséquence, les entreprises de sécurité privée et les structures étatiques liées à la sécurité nationale sont en pleine évolution afin de lutter contre les menaces qui pèsent tant sur la population que sur l’économie du pays. Le ministère de l’Intérieur, dont la sûreté nationale est une préoccupation, est actuellement dans la rédaction d’un livre blanc de la sécurité intérieure, prévu pour début 2020. L’un des pilliers de ce rapport concerne  l’importance des coopérations privé-public. 

L’année 2020 promet ainsi une augmentation de l’intensité quant aux menaces terroristes et criminelles  mais également celles issues des tensions socio-économiques nationales. En réaction, Etat et entreprises devront se serrer les coudes pour y faire face.

 

Maeva Delaunay

pour le Club Sûreté

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