Firme multinationale

Définition

Les firmes multinationales posent une interrogation inédite : la nature de la relation Etat - entreprise dans la société mondialisée du XXIème siècle. Dans ce contexte, cette relation se détermine selon de multiples facteurs, notamment l’origine du pouvoir actionnarial, l’implantation des centres de décision, ou encore les enjeux stratégiques du secteur d’activité.

Enjeux

• La structure du capital et les sources de financement,
• Son ancrage local,
• Sa stratégie d’implantation en matière de R&D et d’innovation,
• La dimension culturelle du management,
• La politique de puissance de l’Etat concerné,
• Le patriotisme des employés et des dirigeants,
• La dépendance vis-à-vis des commandes publiques,
• Ou encore la culture de connivence public - privé.

Dans un contexte de Guerre Economique, il devient donc primordial de décoder ces paramètres chez une multinationale concurrente pour appréhender de la manière la plus juste les termes de l’affrontement sur l’échiquier géoéconomique. De même, sur le plan intérieur, tout acteur économique doit être conscient de son positionnement sur cette grille de lecture afin d’évaluer ses possibilités d’action ou les risques de conflits avec les autorités nationales.

 

 

Perspectives

L’ accélération de la compétition internationale a amené les entreprises à accroître leur présence à l’étranger. Les raisons de ces implantations sont multiples et interdépendantes : l’accès au marché local (en particulier dans des situations de protectionnismes), la délocalisation de la production vers des zones à faibles coûts de main d’œuvre, celle de la recherche vers des pôles de compétence, ou encore l’optimisation fiscale (paradis fiscaux, aides locales). Cette stratégie est favorisée par la Mondialisation : à partir du milieu des années 90, les grands pays industrialisés contribuent à la libéralisation des échanges en levant petit à petit les barrières protectionnistes subsistantes. Ils définissent des règles du jeu communes et mettent en place des institutions indépendantes de gouvernance. Mais cette mise en place des conditions du libre-échange au niveau mondial, ne signifie pas pour autant que les Etats se positionnent comme neutres vis-à-vis de leurs champions nationaux. En effet, les pays les plus offensifs savent mieux que d’autres imposer des règles favorables à leurs propres entreprises : à titre d’exemple, on citera l’ adoption, au niveau européen, de normes comptables d’inspiration anglo-saxonnes imposant un niveau de transparence particulièrement élevé, qu’on ne trouve d’ailleurs même pas outre-Atlantique.

Dans le même temps, ces mêmes Etats-Unis ont mis en place tout un arsenal interventionniste destiné à protéger les entreprises stratégiques nationales d’une prise de contrôle étrangères : amendement Exxon Florio (1988), durcissement de la section 301 du Trade Act de 1974, loi Torricelli (1992), loi Helms-Burton (1996), loi d’ Amato (1996), mise en place du Foreign Ownership Control & Influence, du Proxy Agreement, etc. Parallèlement, le droit communautaire européen établit au contraire les conditions d’une non discrimination totale des différents acteurs économiques à raison de leur pays d’origine . Le couple entreprise – nation s’articule donc autour de plusieurs actions ou états susceptibles de se combiner entre eux :
• La volonté de défendre des ac teurs nationaux,
• La capacité à percevoir cette politique de la part d’un pays tiers,
• L’évaluation per se des mesures de protection économique
Comme on le voit, la question de la nationalité de l’entreprise ne se pose pas dans tous les pays avec la même acuité et rend la notion d’entreprise multinationale particulièrement complexe à évaluer en tant que paramètre concurrentiel.

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