Think Tank

Définition

« Dans cet enchevêtrement complexe aux équilibres fragiles que sont aujourd’hui nos démocraties d’opinion publique, les groupements qui se consacrent à la recherche indépendante et à la formulation de propositions de politiques publiques innovantes ne sont-ils pas devenus des maillons indispensables ? » (Jacques Delors) Think tank, (en français cercle de réflexion), est un terme anglo-saxon synonyme de « réservoir de pensée », désignant un regroupement d’individus qui a pour but d’émettre avis et expertises en termes de politique publique. Le rôle prescriptif de ces associations est subordonné à leur désir pragmatique d’insuffler une nouvelle politique au niveau national, d’impliquer l’opinion publique et de défendre l’intérêt général.

Enjeux

Ces cercles peuvent consister en de simples regroupements informels, comme être de véritables instituts de recherche. Ils sont généralement constitués d’experts qui analysent les questions contemporaines en matière de sciences sociales et soumettent aux dirigeants, politiques comme économiques, des conseils en matière d’économie politique et financière, de relations extérieures, de politique sociale et environnementale…. Ces cercles de réflexion se veulent souvent indépendants et libres de toute affiliation, afin d’être représentatifs de l’opinion publique et de pouvoir œuvrer librement pour le bien commun. Cependant, notamment aux Etats-Unis où leur poids consultatif est important, certains sont directement financés par des partis politiques ou des entreprises. Think tank, (cercle de réflexion), est un terme anglo-saxon synonyme de « réservoir de pensée », désignant un regroupement d’individus qui a pour but d’émettre avis et expertises en termes de politique publique. Le rôle prescriptif de ces associations est subordonné à leur désir pragmatique d’insuffler une nouvelle politique au niveau national, d’impliquer l’opinion publique et de défendre l’intérêt général. Les think tanks sont apparus d’abord aux Etats-Unis, où ils se sont mis en place sous forme de trois grands types, formalisés par Kent R. Weaver :
• Les «universités sans étudiant », laboratoires de recherche dépendants d’une ou plusieurs universités. Ils constituent la première génération des think tanks modernes. Ils apparaissent au début du XX° siècle aux Etats-Unis.
• Les instituts de recherche sous contrat, centres de recherches financés par des subventions publiques. Ils se développent après la deuxième guerre mondiale. Créée en 1948, la RAND Corporation est le plus célèbre d’entre eux.
• Les « Les advocacy tanks », pôles militants de réflexion. Ils se multiplient aux Etats-Unis et en Europe à partir des années ’70-80. Ces think tanks peuvent consister en de simples regroupements informels, comme être de véritables instituts de recherche. Ils sont généralement constitués d’experts qui analysent les questions contemporaines en matière de sciences sociales et soumettent aux dirigeants des conseils en matière d’économie politique et financière, de relations extérieures, de politique sociale et environnementale…. Ces cercles de réflexion se veulent souvent indépendants et libres de toute affiliation, afin d’être représentatifs de l’opinion publique et de pouvoir œuvrer librement pour le bien commun. Cependant, notamment aux Etats-Unis où leur poids consultatif est important, certains sont directement financés par des partis politiques ou des entreprises.

Perspectives

La notion de think tank est intéressante à analyser car elle est encore récente dans le panorama intellectuel et décisionnaire mondial, et a fortiori français. Dans son extension la plus vaste « think tank » peut désigner tout regroupement producteur d’idées. De plus, ses incarnations sont diverses selon les pays et les cultures. Les think tanks émergent comme pôle de pouvoir dans un contexte géoéconomique en mutation : dans une économie mondialisée, les rapports internationaux se complexifient puisqu’aux questions purement économiques s’adjoignent des problématiques de domination, voire d’hégémonie politique comme culturelle. Les think tanks ont pour vocation d’influer sur les politiques nationales et internationales, en entrant en dialogue avec les institutions comme avec les membres de la société civile que sont les citoyens ou l’opinion publique. Effectuant un travail de réflexion, d’information et de conseil, ils entendent participer à ces nouvelles logiques de pouvoir en étant présents dans la mise en œuvre des politiques publiques, des processus de normalisation et des programmes de sensibilisation et de formation de l’opinion. C’est au travers de leurs activités de réflexion et de publication, se développant notamment par le biais de sites internets et de revues, que les think tanks proposent leurs solutions et diffusent leurs opinions. Ils se situent ainsi au carrefour de la connaissance, de la gouvernance et du pouvoir. Les caractéristiques et missions des think tanks sont les suivantes : « les think tanks sont [1] des organismes permanents [2], qui se spécialisent dans la production de solutions de politique publique [3], grâce à un personnel propre dédié à la recherche [4]. Ils fournissent une production originale de réflexion, d'analyse et de conseil [5], qui a vocation à être communiquée aux gouvernants et à l'opinion publique (et disposent donc d’un site Internet). Ces think tanks ne sont [6] pas chargés d'accomplir des missions gouvernementales [7]. Ils s'efforcent plus généralement de maintenir leur liberté de recherche et de ne pas être liés à des intérêts spécifiques. [8] Ils n'ont donc pas non plus pour tâche principale de former ni d'accorder des diplômes [9]. Enfin, leur travail a l'ambition, explicite ou implicite, d'œuvrer au bien public, par opposition aux organes à but uniquement commercial et lucratif ». A titre d’exemple citons « Notre Europe », un think tank, créé en juillet 1996 par Jacques Delors, qui s’intéresse à la formation de l’Europe, à son histoire, ses potentialités et ses perspectives d’avenir. Cette association loi 1901 est un lieu de recherche dont le but est d’intervenir dans le débat et les actions inhérentes à la politique européenne . Si les think tanks sont donc des nouveaux acteurs à prendre en compte trois questions demeurent cependant :
• On peut en effet s’interroger sur l’effectivité du pouvoir de ces think tanks : en quelle mesure leurs avis et analyses influent-ils effectivement sur les instances dirigeantes ? Le travail éditorial et pédagogique des think tanks génère une influence diffuse sur l’opinion publique difficilement mesurable, cependant, l’étude effectuée par Notre Europe sur les think tanks met en avant la nouveauté des études consacrées à ces acteurs, ainsi que les réticences françaises à leur égard. Le pouvoir des think tanks est en effet notoirement plus développé aux Etats-Unis, où ils jouent un rôle fort dans les prises de décisions, ainsi qu’en Grande-Bretagne ou en Allemagne.
• Le statut de ces think tanks, associations à but non lucratif financées par des fonds publics, des entreprises ou des particuliers, pose un second problème, qu’est celui de leur légitimité : en quelle mesure ont-ils autorité à interférer dans les décisions nationales et internationales ? On peut mettre en cause leur pouvoir de représentation de l’opinion publique au regard de leur constitution ne résultant d’aucun processus démocratique.
• La dernière problématique liée à l’existence des think tanks est celle de leur financement et de leur affiliation : aux Etats-Unis, ils sont financés par des partis politiques ou des entreprises, et soutiennent donc des valeurs et idéologies précises. Il y a alors une proximité très forte entre les think tanks et les lobbies. En France, certains sont affiliés à des partis politiques dont ils vont promouvoir les idées, (les intérêts ?), auprès des décideurs et de l’opinion publique. La distinction entre think tanks, partis politiques, lobbies, groupes de pression et cabinets de conseil devient alors ténue. Il faut toujours penser ces acteurs et leur influence au sein du fonctionnement du pouvoir sur le fond de la problématique de la représentation et de la légitimité.