Dissuasion (par l'information)

Définition

«Nul ne peut ignorer, sauf à faire preuve d’une grande candeur, que face à de tels enjeux commerciaux, une stratégie d’influence, couplée à une belle histoire (amplifiée par les médias), démontre la formidable puissance de l’information lorsqu’elle est utilisée à des fins offensives». La dissuasion est une posture stratégique destinée à la paralysie des actions offensives adverses par crainte de représailles supérieures à l’espoir de gain. La généralisation des pratiques de guerre de l’information dans les sphères économiques, contraint les organisations à appréhender ce concept.

Enjeux

Au plan économique, les stratégies de dissuasion se manifestent essentiellement dans les conflits asymétriques. Dans un rapport du « fort au faible », il s’agira d’une affirmation de la puissance visant classiquement à décourager l’adversaire par une menace d’anéantissement. Pour le fort, la dissuasion permet de minimiser les coûts de l’engagement (qui découlent des ressources mobilisées sur un affrontement), les risques et les incertitudes (notamment par rapport à une stratégie d’attaque directe, qui reste possible en dernier recours) et de limiter les contestations (notamment sociétales) et le risque d’apparaître comme le « prédateur ». Elle permet également de concentrer ses ressources sur des stratégies offensives de conquête plutôt que sur des actions défensives. L’utilisation de la dissuasion dans un rapport du « faible au fort » est d’origine plus récente car elle s’appuie essentiellement sur les techniques de guerre de l’information. Il s’agira, en utilisant la société civile comme caisses de résonance, de mettre en avant des faiblesses ou des contradictions de l’adversaire, via une stratégie de harcèlement, afin de le fragiliser vis-à-vis de ses alliés naturels (actionnaires, partenaires, voire employés). Déstabilisation d’un dirigeant, de la marque, fragilisation de l’image, de la réputation … auront pour conséquence la paralysie de l’entreprise et la victoire du faible. Dans un rapport du « fort au fort » ou du « faible au faible », les acteurs pourront choisir de ne pas s’affronter, mettant en place des mécanismes d’entente ou de cartel. Ce cartel constituera un nouveau « fort » susceptible de dissuader d’autres concurrents. S’ils ne souhaitent pas ou ne peuvent pas rester sur leurs positions acquises, les acteurs devront préalablement initier des mouvements stratégiques, de manière à retrouver un déséquilibre exploitable pour la mise en place d’une dissuasion. La coopétition combine ces deux stratégies : la création d’un nouveau marché par une coalition momentanée d’intérêt permet la création de barrières à l’entrée pour les compétiteurs qui en sont exclus.

Perspectives

Par construction, la dissuasion présuppose un émetteur (par exemple : le fort), un récepteur (le faible), un message (le fort peut anéantir le faible)  et un vecteur (la communication de l’entreprise vers le monde extérieur). Il s’agit clairement d’un mécanisme intimement lié à la communication et il n’est donc pas étonnant de le voir se développer à l’ère des NTIC. Internet permet en effet au faible de disposer d’un vecteur de communication particulièrement redoutable, alors qu’auparavant seules les entreprises les plus puissantes disposaient des moyens de se faire entendre haut et fort, partout et par tous. Dans ces conditions, la difficulté pour le faible n’est plus de se faire entendre, ni même d’identifier toutes les faiblesses de l’adversaire, mais de déterminer la contradiction majeure qui aura la plus forte résonance dans le cadre d’une guerre de l’information.

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