Gouvernance

Définition

"Les deux choses les plus importantes n’apparaissent pas au bilan de l’entreprise : sa réputation et ses hommes" (Henry Ford) Modèle de gestion d’une entité associant l’ensemble des acteurs concernés à la prise de décision. L’assimilation des parties prenantes se fait dans un souci de transparence et l’implication de ces derniers permet une meilleure définition de l’intérêt collectif dans le processus de décision.

Enjeux

Pour la gouvernance mondial comme pour la gouvernance d’entreprise, le transfert de pouvoir est l’élément le plus marquant. Les formes traditionnelles d’acteurs détenteurs du pouvoir (à savoir les comités exécutifs des gouvernements, des organisations etc…) ont laissé la place à de nouvelles parties prenantes qui ont su s’affirmer comme acteurs crédibles et incontournables. Le terme gouvernance se décline en fonction de son champs d’intervention, privé ou public, ainsi que son échelle territoriale de compétence. On dénombre plusieurs formes de gouvernance : locale, européenne, mondiale, d’entreprise, de l’Internet… Nous nous concentrons sur les notions de gouvernance d’entreprise et de gouvernance mondiale. Ces deux termes sont en effet les plus exploités lorsque l’on parle de gouvernance. Selon Pascal Lamy la gouvernance mondiale est « l’ensemble des transactions par lesquelles des règles collectives sont élaborées, décidées, légitimées, mises en œuvre et contrôlées ». Selon le CAE, elle serait née de l’apparition de nouveaux enjeux : « Le terme de gouvernance est un néologisme utile parce que il s’agit de réfléchir à la façon dont l’économie mondiale est gouvernée, et que le terme usuel de « gouvernement » porte une connotation de centralisation susceptible d’en affecter la compréhension. Gouvernance exprime le problème de base de l’organisation économique internationale : comment gouverner sans gouvernement ? ». En effet, les institutions internationales se doivent de coopérer entre elles, et d’intégrer la société civile à la construction et à l’organisation des relations internationales. Il semble que la gouvernance mondiale est pris une nouvelle ampleur suite aux évolutions suivantes : l’approfondissement de l’interdépendance des économies, l’apparition dans le débat de préoccupations nouvelles, ainsi que la montée en puissance des contestations de la « mondialisation libérale ». Au sein des entreprises, la prise en considération des shareholders et des stakeholders s’est avérée cruciale pour leur bonne gestion : les actionnaires ont su rappeler aux dirigeants les principes de loyauté, de transparence et d’efficacité. Cependant, dans les entreprises cotées, le modèle traditionnel de gouvernance actionnarial (shareholder), a montré ses limites en terme de transparence et d’efficacité. Ceci notamment, au travers des scandales d’Enron et de Worldcom. Ces entreprises étaient jugées vertueuses car elles respectaient les standards de gouvernance d’entreprise existant jusqu’à lors. Ceux-ci n’ont guère évolué pendant des décennies, et la crise boursière, les mœurs et l’absence d’éthique révélés par ces affaires ont miné la confiance vis-à-vis des grandes entreprises cotées.

Perspectives

L’entreprise a été contrainte de se doter d’objectifs et de formes de gouvernance qui préservent des relations durables avec ses parties-prenantes. Dans ces conditions, le pilotage de l’entreprise ne peut se limiter à une relation exclusive entre actionnaires et managers et l’obtention d’une vision transparente pour les actionnaires ou pour toute autre partie prenante s’est avérée primordiale. L’enjeu n’est pas seulement de restaurer la confiance des investisseurs, mais de réconcilier l’entreprise avec l’ensemble de la société… et des citoyens-consommateurs-investisseurs. La pratique de la bonne gouvernance devient un choix politique pour l’entreprise. Cette notion devient incontournable. D’un coté celle-ci ne peut plus ignorer la généralisation du terme ainsi que celui de responsabilité social au sein de l’entreprise. Ne pas le prendre en considération serait se mettre à la marge de l’ensemble des firmes et s’exposer à un risque informationnel. D’un autre coté, se présente le problème du manque de cohérence pouvant exister entre la volonté d’une politique affichée et la réalité des actions entreprises. De nouvelles vulnérabilités apparaissent du fait d’un discours inadapté à la réalité du terrain ou de l’activité, ou bien d’une forte communication par rapport à de faibles actions réellement entreprises. Une communication sur la bonne gouvernance de  son entreprise dans des secteurs sensibles tel que l’énergie s’avère cruciale et dangereuse. Une société comme Total communiquant sur l’éthique et la responsabilité social et en mettant en avant une parfaite transparence après la catastrophe de l’Erika entreprend un jeu d’équilibriste périlleux. D’autres sociétés ayant choisit la notion de bonne gouvernance comme fer de lance pour leur entreprise a l’instar de Body Shop prêtent ainsi le flan à de vives réactions concernant leurs activités, et se font ainsi parfois accusées « d’exploiter l’idéalisme des consommateurs ». Les consommateurs ainsi que la société civile seront d’autant plus exigeants et intransigeants lors de la découverte de disfonctionnements qu’une bonne partie des consommateurs est initialement attirée par la marque via le partage de valeurs communes. Ces derniers attachent donc une importance majeure quant à la bonne cohérence du discours. Ce phénomène est également comparable à celui du « Green Washing », c'est-à-dire du partenariat de certaines entreprises avec des ONG afin de légitimer leurs actions et de se laver de tous soupçons. Nous avons pu observé lors de telle coopération certaines contestations à l’encontre, soit de l’ONG ayant accepté ce partenariat, soit de la société utilisant le label ONG dans un souci de « communication positive »

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