Guerre cognitive

Définition

La guerre cognitive est l’opposition de capacités à connaître, produire ou déjouer des connaissances. Un ouvrage collectif codirigé par Christian Harbulot et Didier Lucas est à l’origine du concept.

Enjeux

Au sens large, la guerre cognitive n’est pas circonscrite au monde militaire ou institutionnel. Depuis le début des années 90, cet opposition tend à s’appliquer aux champs politique, économique, culturel et sociétal. Quand la guerre cognitive est utilisée dans le monde civil, elle est souvent incluse par les élites françaises dans le champ des possibles résultants de l’environnement « hyperconcurrentiel » qui caractérise le début du XXIème siècle.
L’évolution la plus marquante du glissement de cette pratique du monde militaire vers le monde civil est l’absence de circonscription temporelle de la guerre. Même si une guerre cognitive peut être conduite en complément d’un conflit militaire, comme lors de l’invasion du Koweït par l’Irak ou lors de l’opération israélienne « Plomb durci » sur Gaza, elle peut aussi être menée seule, sans lien avec un engagement des forces armées. De plus, la guerre cognitive est potentiellement sans fin puisqu’elle peut se jouer aussi bien du fort au faible que du faible au fort et qu’il ne peut exister ni traité de paix ni reddition pour ce type de conflit.
On peut dénoter trois formes de guerre cognitive : la guerre d’imposition, la guerre de préservation et la guerre de réception. La guerre d’imposition se situe dans un rapport du fort au faible, celle de préservation dans un rapport du faible au fort, et celle de réception concerne tous les acteurs car elle représente la capacité à transformer l’information en connaissance.

Perspectives

À l’aune d’un monde multipolaire qui exacerbe les problématiques de compréhension entre les parties prenantes des jeux de pouvoir multilatéraux, l’avantage sera à celui qui saura au mieux arbitrer entre la vitesse d’intervention et la précision de la compréhension des enjeux.
Depuis le début de son usage intensif lors de la Guerre Froide, les Anglo-saxons sont les meilleurs praticiens de la guerre cognitive. En effet, là où les Latins apprennent par goût de la connaissance, les Anglo-saxons apprennent pour agir. Cependant, des pays émergents constituent de nouvelles puissances avec leur propre approche du contrôle et de l’utilisation de la connaissance, et constituent ainsi autant de nouveaux champs d’investigation.
Face à la multiplication des parties prenantes dans les rapports de force et la variété des stratégies utilisées, la guerre cognitive doit faire l’objet de travaux d’étude constants et être mise en œuvre par des praticiens formés aux pratiques de l’intelligence économique.

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