Textes de Référence

Rapport Carayon 2003 : Intelligence économique, compétitivité et cohésion sociale

Le 9 février 2013
La décennie 1990, en termes d’intelligence économique en France, a été marquée par le Rapport Martre et la création de l’Ecole de Guerre Économique. Sur ce constat, le Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin donne pour mission au député Carayon de produire un nouveau rapport avec trois objectifs :

  1. Faire un état des lieux de l’IE en soulignant les carences du système ;

  2. Faire des recommandations nécessaires à la valorisation de la fonction d’IE ;

  3. Etablir des conditions permettant d’optimiser la coordination de l’intelligence économique tout en définissant et planifiant une stratégie.



38 propositions
En juillet 2003, Bernard Carayon listait 38 propositions dans son rapport « Intelligence économique, compétitivité et cohésion sociale », marqué par les mots « guerre économique » et « patriotisme économique » afin de proposer une « vraie et grande politique publique » en termes de défense et de sécurité économique.
Or, selon lui, nous n’y arriverons qu’en réalisant « trois mariages et un enterrement : le mariage entre administrations publiques, le mariage entre le public et le privé et le mariage entre l’information blanche avec celle qui l’est un petit peu moins... L’enterrement alors, sera, celui des naïvetés française ».

6 chapitres
Pratique et pragmatique, le rapport se divise en six chapitres dédiés à une problématique précise. Le premier chapitre (acteurs et champs de l’intelligence économique) s’attache à aborder l’utilité et les champs d’application de l’IE  au travers trois types d’acteurs : l’Etat et les collectivités territoriales, les entreprises et les citoyens.
Le second chapitre (compétitivité de la France, compétitivité des entreprises françaises) traite de la recherche et de l’innovation, deux des bases importantes de la compétitivité. Le problème français est souligné, à savoir le nombre pléthorique de structures et le manque de coopération et de vision stratégique, afin de proposer la création, entre autres, d’un Conseil National pour la Compétitivité et la Sécurité Économique (CNCSE) et de nommer un délégué interministériel à la Compétitivité et à la Sécurité économique. Concernant les entreprises, notamment les PME, le rapport avance de conforter Ubifrance et l’ADIT dans leur mission de diffusion de l’information économique et technologique.
Le chapitre 3 (de la défense économique à la sécurité économique active) est dédié au rôle que peut tenir l’Etat afin d’anticiper les menaces que subissent les entreprises nationales. Pour cela, il lui faut une politique globale de sécurité économique ce qui suppose une adaptation-modernisation des textes législatifs afin de renforcer le rôle des services de défense nationale. Le renseignement privé, posant des problèmes de sécurité et de déontologie, est également mentionné afin de le rendre plus transparent.
Le chapitre 4 (politique d’influence) propose de redynamiser la politique d’influence de la France, jugée moribonde. Selon Bernard Carayon, ce recul pernicieux doit être stoppé via la création d’un Centre d’Analyse et de Prévision ainsi que le renforcement de la représentation permanente à Bruxelles.
Le chapitre 5 (former vraiment à l’intelligence économique) se concentre sur la problématique de la formation de l’IE en France, dont l’enseignement universitaire est trop théorique et généraliste. L’hétérogénéité et l’absence de labellisation des meilleurs pratiques ainsi que l’absence d’enseignement dans les grandes écoles (privées et publiques) sont également des faiblesses françaises. Le rapport propose donc d’auditer l’enseignement, d’attribuer un label de l’IE et d’accentuer le caractère pragmatique et opérationnel de l’enseignement de l’IE.
Le sixième et dernier chapitre (intelligence économique et territoires) se focalise sur l’application territoriale de l’intelligence économique. Les stratégies territoriales au service du développement et de l’emploi doivent s’appuyer sur la coopération public-privé au niveau local (CCI, préfets, conseil régional, etc.) et national. Là encore, l’hétérogénéité des pratiques régionales nécessiterait de lister les meilleures pratiques régionales.

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