Brève

La France, première puissance navale européenne

Le 24 février 2018 par Jean-Charles Carquillat

« La France possède aujourd’hui la première marine d’Europe ». Tels sont les propos de l’Amiral Christophe Prazuck, Chef d’État-Major de la Marine nationale. La Marine nationale dispose désormais de 87 navires, contre 65 pour la Royal Navy. Pour la première fois depuis des siècles, elle surpasse en termes de capacités opérationnelles sa vieille rivale anglaise.

La flotte française est la seule marine européenne à disposer d’un porte-avions nucléaire type CATOBAR (Catapult Assisted Take-Off But (ou Barrier) Arrested Recovery), ce qui lui permet d’intervenir n'importe où dans le monde en cas de crise majeur, tandis que les autres puissances européennes ne le peuvent sans appui étranger. Certes, du côté du Royaume-Uni, la Royal Navy doit mettre en service deux nouveaux porte-avions STOBAR (Short Take-Off But Arrested Recovery) d’ici à 2025 (le Queen Elizabeth et le Prince of Wales). Cela leur permettrait d’assurer la permanence d’un groupe aéronaval, contrairement à la France où le Charles de Gaulle est souvent accoté pour maintenance ou réparation – à moins que le projet d’un deuxième porte-avions soit lancé. Cependant l’aviation navale britannique ne dispose que d’une vingtaine de F-35B, à décollage court et appontage vertical et donc aux capacités plus limitées que celles des appareils catapultés et récupérés au moyen de brins d’arrêt, comme les Rafales en France.

De plus, la France est le seul pays de l’Union européenne depuis le Brexit à disposer de la dissuasion nucléaire navale, avec quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de classe Le Triomphant (avec « Le Triomphant », « Le Téméraire », « Le Vigilant » et « Le Terrible »).

Même pour les forces amphibies, l’avantage est du côté de la France. La Marine nationale dispose de trois bâtiments de projection et de commandement (BPC) de classe Mistral, tandis que la Royal Navy va désarmer son unique porte-hélicoptères de commandement, le HMS Ocean.

Par ailleurs, Londres va retirer du service ses deux transports de chalands lourds de débarquement, pourtant mis en service en 2005, ne lui laissant que trois chalands de débarquement auxiliaires sans hangar pour hélicoptère.

Enfin, concernant les patrouilleurs, les Britanniques ne disposent que de quatre bâtiments de  classe River. Ceux-ci vont être prochainement rejoints par cinq nouveaux patrouilleurs de classe Forth. La France, quant à elle, aligne six frégates de surveillance de classe Floréal, neuf avisos de type A69 et sept patrouilleurs de tout type.

Tous ces éléments contribuent à faire de la France la première puissance navale européenne, et la tendance ne devrait pas s’inverser dans le moyen terme.

Jean-Charles Carquillat