Brève

L’écosystème du renseignement géospatial européen s’enrichit grâce à Aerospacelab

Le 3 décembre 2019 par Pia de Bondy
Crédits image : © ESA/Aeolus

La jeune pousse belge Aerospacelab ambitionne de devenir un des leaders du renseignement géospatial. Les intéressés sont multiples : agriculteurs, industriels, politiciens… tous y voyant un avantage. Les satellites utilisés collectent des informations précises et difficiles d’accès devenant ainsi des nouveaux protagonistes de la guerre informationnelle.

L’entrepreneur Benoit Deper souhaite donner forme au marché européen aérospatial. Avec une levée de fond de 11 millions d’euros, l’entreprise doit avoir d’ici deux ans 5 satellites en orbite et  développer sa R&D en intelligence artificielle (AI) afin de faciliter le traitement des données récoltées. 

 

Grâce à ses futurs outils spatiaux, Aerospacelab est capable de fournir des images à haute résolution à un instant « t » de tout ce qui est susceptible d’intéresser son client : usine, routes, champs agricoles... Ces informations seront ensuite couplées avec d’autres données non géospatiales sur des secteurs spécifiques tels que l’aéronautique, la défense, les infrastructures, pour fournir l’analyse la plus adaptée. 

 

D’autre part, plusieurs rivaux sont dans la course, en particulier des entreprises américaines qui ont plus d’une centaine de satellites en place, à l’instar de Space X.  Alors que la start-up belge est une des seules sur le marché européen à proposer de tels services, l’enjeu stratégique est déterminant. En Europe, la dernière semaine de novembre 2019 a aussi vu le budget de l’agence spatiale européenne (ESA) être doté de 14,4 milliards d’euros pour les prochaines 5 années, soit 40% de plus que le précédent conseil ministériel, signalant la volonté européenne de rester en lice dans le domaine spatial. 

 

Plusieurs questions peuvent émerger face à l’utilisation de ces techniques. Les satellites occupent un espace stratégique dépendant d’un cadre légal lacunaire face à l’augmentation du nombre de parties prenantes et où les investisseurs demeurent pour la plupart publics. Si les données géospatiales sont un outil privilégié afin de prévenir une catastrophe naturelle, pouvoir évaluer les dégâts le plus justement possible et agir en conséquence, elles restent avant tout liées aux enjeux de souveraineté des Etats. 

 

Pia de Bondy