Brève

La France fait avancer l’Europe vers le développement de lanceurs réutilisables grâce à Callisto.

Le 30 décembre 2019 par Christophe Moulin
Crédits image : © CNES/Blackbear/Mira Productions

Le Centre National d’Etudes Spatiales (CNES) a donné son accord pour le développement du programme expérimental Callisto, devant permettre à terme de doter la France et l’Europe de lanceurs réutilisables pour succéder à Ariane 6. L’Europe du spatial se positionne ainsi dans la lignée des grands noms du New Space américain tels que Space X et Blue Origin.

Le 16 décembre dernier, l’agence spatiale française donnait ainsi le coup d’envoi du programme Callisto. Expérimental par nature et structuré autour d’une coopération internationale réunissant les agences spatiales française (CNES), allemande (DLR) et japonaise (JAXA), Callisto doit avant tout servir de plateforme de démonstration et de maturation des technologies nécessaires au retour d’un lanceur sur Terre après mise en orbite d’une charge utile, d’estimation des moyens à mettre en place pour la réutilisation du lanceur entre deux vols et chiffrer le coût d’un tel projet. Cet accord doit permettre de faire réaliser à l’engin plusieurs vols d’essais devant permettre aux agences spatiales partenaires de tester et valider plusieurs choix techniques dès 2022. 

Complètement réutilisable, le lanceur d’une quinzaine de mètres devra ainsi réaliser toutes les manœuvres classiques de mise en orbite d’un satellite, puis revenir se poser sur son pas de tir, ou sur une zone aménagée, à l’instar de la Falcon 9 de l’américain Space X. Sur le plan institutionnel, les rôles sont répartis entre les trois partenaires. Ainsi, la France assure le développement du calculateur de vol, l’Allemagne fournit le système d’atterrissage et les éléments de pilotage aérodynamique devant servir lors de la rentrée sur Terre et le Japon construit le moteur à hydrogène et le réservoir d’oxygène de Callisto. Sur le plan industriel, le CNES s’est associé à des acteurs internationaux tels que AirLiquide, Onera et ArianeGroup pour s’acquitter de sa mission.

Ce projet n’est toutefois pas nouveau, le CNES œuvrant au développement de lanceurs réutilisables depuis la fin des années 1980. Face à l’augmentation de la demande internationale pour la réalisation de lanceurs réutilisables depuis une décennie, l’agence spatiale française travaille depuis 2015 sur une série de programmes dédiés à assurer la longévité du plan de lanceurs spatiaux européens. Callisto n’est que la première brique de ce projet : depuis février 2019, le lancement d’ArianeWorks, jeune pousse co-financée par le CNES et ArianeGroup, sert de catalyseur à la construction de Prometheus, futur moteur du lanceur Thémis sur lequel doit déboucher le programme Callisto. 

Christophe Moulin