Brève

Contre-ingérence russe : le FBI lance une enquête sur l’application FaceApp basée en Russie

Le 17 janvier 2020 par Adam Thongsavarn
Crédits : Cliff / Flickr

L’application FaceApp fait depuis quelques semaines l’objet d’une enquête du Federal Bureau of Investigations. En cause ? L’application créée en Russie stockerait des informations personnelles réutilisables pour exercer de l’ingérence en territoire américain.

« Le FBI considère toute application mobile ou produit similaire développé en Russie, comme FaceApp, comme une menace potentielle d’espionnage, notamment à cause des informations collectées (…) et des mécanismes légaux dont le gouvernement russe dispose qui permettent l’accès à ces données au sein du territoire russe » écrit Jill Tyson, le directeur assistant au bureau des affaires parlementaires du FBI.

 

Lancée en 2017, l’application FaceApp, permet de modifier des photographies de personnes, en les rendant plus âgées, plus jeunes ou même en changeant leur sexe, avec parfois des résultats très réalistes. Le développeur de l’application, Yaroslav Goncharov, affirme que seule la photographie initiale choisie par l’utilisateur est utilisée et que l’ensemble de la photothèque de l’appareil n’est pas exporté (bien que l’accès à cette dernière soit demandé). Aussi, il certifie que les photos obtenues après traitement par l’application n’étaient pas stockées en Russie mais aux États-Unis, en Australie, en Nouvelle-Zélande ou encore à Singapour, avec une suppression automatique sous 48 heures. 

 

La lettre de Tyson, envoyée au Sénat américain, tire sur la corde très sensible des déstabilisations russes aux États-Unis, où les élections de 2016 ont laissé un souvenir cuisant. Les liens de FaceApp avec la Russie sont explicites, d’où la méfiance vis-à-vis des données collectées sur les utilisateurs américains. En effet, la question de la vie privée se pose, même en Russie, où les fournisseurs d’accès ne sont parfois même pas au courant que le FSB (services de sécurité intérieurs russes) accède à distance à leurs communications et à leurs serveurs.

Jill Tyson affirme pour finir, que si le FBI trouve une quelconque preuve de tentative de déstabilisation sur l’écosystème politique des États-Unis, notamment sur les élections à venir, c’est la Foreign Influence Task Force qui prendrait le relai. Cette dernière, créée en 2017, est une émanation des enquêtes sur l’influence russe lors des élections précédentes et a pour but d’identifier et contrer les actions d’ingérence étrangères sur le sol américain.

 

Adam Thongsavarn