Brève

L’Allemagne protège Curvac et sa biotechnologie

Le 30 juin 2020 par Jean-Baptiste Loriers
Crédits : AFP Tobias SCHWARZ

En réponse aux risques de délocalisation vers les USA, l’Allemagne entre au capital de Curvac à hauteur de 300 millions d’euros annonçait le 15 juin Peter Altmaier, ministre de l’Économie. L’entreprise allemande est sur le point de lancer la production d’un vaccin contre le coronavirus.

Il y a quelques semaines l’entreprise allemande Curvac sise à Tübingen (Bade-Wurtemberg) était au cœur d’un scandale d’État. En Mars dernier son Directeur Général, l'américain Daniel Menichella, rencontrait Donald Trump à la Maison-Blanche qui aurait tenté de faire déménager l’entreprise aux USA.

En réponse, l’État allemand décide le 16 juin d'enter au capital à hauteur de 23%. Devenant ainsi le deuxième actionnaire, derrière Dietmar Hopp, un allemand dont la fortune est estimée à 14 milliards d’euros qui reste l'actionnaire majoritaire.

Une démarche expliquée par la volonté du Gouvernement de renforcer la protection du potentiel scientifique et technique de la nation allemande. Alors même que l’entreprise prévoit une entrée en bourse sur le NASDAQ à la mi-juillet cette opération fait réagir outre Rhin et d’aucuns reprochent au Gouvernement un interventionnisme mal placé.

Curevac dispose déjà d’une usine en fonctionnement, deux sont en cours de création et une dernière, financée avec l'aide de l’Union européenne, doit compléter un dispositif visant à produire plusieurs milliards de doses de vaccins par an.

"Tous ceux qui veulent investir n'ont pas les mêmes bonnes intentions. C'est pourquoi nous devons également veiller à ce que nos entreprises allemandes et européennes soient protégées contre la concurrence déloyale, contre les transferts illégaux de technologie et contre les rachats par la concurrence subventionnée par l'État, qui dans de nombreux cas ne provient pas des pays de l'UE"Peter Altmaier

Quelques jours après les annonces du Gouvernement allemand concernant Curvac, est voté une modification de la loi sur le commerce extérieur visant à étendre le contrôle de l’État lors de prises de participations capitalistiques. Le projet de loi – examiné le jour de l’anniversaire du ministre Peter Altmaier – vise à rendre obligatoire l’obtention d’une autorisation gouvernementale lorsqu’un investisseur extra européen veut acheter plus de 10% d’une entreprise allemande d’un secteur protégé, quelle que soit la taille.

 

Jean-Baptiste Loriers