Brève

UPM ferme son usine, la France ne produira plus de papier 100% recyclé

Le 22 octobre 2020 par Portail de l'IE

En fermant son usine de La Chapelle Dartblay proche de Rouen, l’entreprise finlandaise UPM enterre les capacités françaises de recyclage de papier à l’heure de la réindustrialisation et de l’écologie réfléchie. Aucun repreneur n’est pour le moment déclaré.

Ouverte en 1928, l’usine de La Chapelle Darblay occupe une place non négligeable dans l’économie papetière française, sa chaudière biomasse est en capacité de chauffer une ville de 20 000 habitants, sa station d’épuration est dimensionnée pour 400 000 personnes, elle gère le recyclage de 24 millions d’habitants (1 200 collectivités environ) mais surtout elle est la seule unité industrielle française à savoir produire un papier issu à 100% du recyclage.

À plein régime l’usine était ainsi en capacité de prendre en charge 20% du recyclage du papier français maintenant dispatché entre un site industriel dans les Vosges et des usines allemandes. De plus elle fournissait environ 25% du papier nécessaire aux groupes de presse de l’hexagone qui vont devoir se fournir à l’international.

L’usine quasi centenaire et bénéficiaire aura connu plusieurs plans de licenciements avant d’arriver à sa fermeture en juin 2021 si aucun repreneur n’est déclaré. À l’arrêt depuis le 16 juillet 2020 elle est la propriété du groupe finlandais UPM, un des dix plus grands fabricants de papier au monde qui consentirait à céder ses actifs si une offre appropriée émerge.

Avec environ 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires et plus de 30 000 salariés UPM est un poids lourd de son secteur. En France l’entreprise dispose d’une usine d’étiquette à Nancy et de l’usine de La Chapelle Darblay jusqu’à sa vente ou sa fermeture. À ses usines s’ajoute l’entreprise Rabopale, spécialisée dans le rabotage, acquise en octobre 2013 et sise à Aigrefeuille-d'Aunis (17).

Jusqu’en 2014, UPM également est propriétaire de l’entreprise Stracel productrice de papier magazine jusqu’à sa revente. Elle est enfin propriétaire, jusqu’à sa fermeture en 2014, de la plus vieille papeterie d’Europe située à Docelles et dont les machines auraient été sabotées à la demande de l’entreprise pour éviter une reprise.

La préfecture de Seine-Maritime et Business France mènent des démarches afin de trouver un repreneur.

 

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