Brève

Escalade militaire en mer de Chine entre Pékin et Washington pour l’accès aux terres rares

Le 23 novembre 2020 par Pierre-Guive Yazdani

La rivalité entre la Chine et les États-Unis atteint un nouveau cap. Deux bombardiers B1 de l’US Air force ont pénétré la zone d’identification de défense aérienne chinoise lors d’un exercice maritime mardi 17 novembre. Le lendemain, Xi Jinping a appelé au multilatéralisme afin de garantir la paix et la stabilité mondiale devant une probable escalade.

Selon AircraftSpots, deux bombardiers B1 de l’US Air Force ont pénétré la zone d’identification de défense aérienne chinoise en mer de Chine lors d’un exercice à grande échelle de la marine chinoise. Pékin souhaite démontrer que sa marine a la capacité de se déployer rapidement et simultanément en mer de Chine. Cette mer est l’objet de revendications sur des zones riches en terres rares disputées par le Japon et la Chine.

D’ailleurs, le Japon avait effectué un exercice conjoint avec son allié américain le 26 octobre dernier à proximité des îles Senkaku revendiquées par les chinois en y incluant une dimension cyber visant la marine de Pékin. En mai dernier un incident avait eu lieu à proximité de ces îles. Mardi dernier les deux B1 (non destinés à l’espionnage) auraient été ravitaillés en vol ; dans ce contexte de provocation, par ce maintien dans la zone des deux bombardiers, les États-Unis envoient un signal fort à ses alliés du “Quad” mais surtout à son rival chinois ; elle ne laissera pas l’Empire du Milieu s’accaparer la mer de Chine et étendre son influence dans le Pacifique sans répliquer.

Dès le lendemain lors du 12e sommet des BRICS, le président chinois a appelé au multilatéralisme afin de maintenir la stabilité et la paix mondiale. Selon lui, le monde va faire l’expérience de la pire récession depuis les années 30 ce qui aboutira à une escalade des tensions. À cet égard, la Chine se prépare déjà pour la reprise post récession (renforcement de son secteur public bancaire, signature du RCEP et démonstration de force) afin de dépasser son rival américain.

Dans le rapport de force qui les oppose à la Chine, les États-Unis, par cette démonstration, semblent vouloir dire à ses partenaires comme à son rival qu’ils se tiennent prêts pour une confrontation militaire. Par ailleurs, comme Xi Jinping, Joe Biden semble lui aussi un adepte du « multilatéralisme » puisqu’il a accueilli positivement la proposition européenne d’un front transatlantique contre la Chine. Cela laisse à penser que la guerre commerciale pourrait bientôt, elle aussi, passer un cap, d’autant plus que la Chine vient de menacer l’Australie, alliée des américains notamment du fait de l’exclusion de Huawei du déploiement de son réseau 5G et du blocage d’investissements chinois.

Pierre-Guive Yazdani

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