Brève

Bernard Carayon tire la sonnette d’alarme après la sollicitation de cabinets de conseil étrangers pour la campagne de vaccination

Le 11 janvier 2021 par Evan Tirologos

Après la pénurie des masques en mars 2020 qui aura soulevé la question de la dépendance sur des secteurs stratégiques, Bernard Carayon met en garde sur des carences similaires observées dans d’autres secteurs. Cet homme politique faisant partie des pères fondateurs de l'intelligence économique en France profite de la campagne vaccinale pour souligner la manière dont certains métiers sont « sous-estimés » dans la guerre économique que se livrent les États à l’heure d’aujourd’hui.

Le 8 janvier 2021 Bernard Carayon alerte, dans une tribune parue au Figaro, sur un nouvel élément ayant attrait à la pandémie de la covid 19. Selon lui, trop de métiers en France sont encore sous estimés dans une logique de souveraineté stratégique. Tandis qu’une prise de conscience a été opérée sur le caractère vital de conserver une souveraineté dans des secteurs hautement stratégiques allant de la défense, les technologies de l’information, le spatial, l’énergie ou encore la production de médicament, d’autres en revanche restent très largement oubliés au profit "d’entreprises anglo-saxonnes et américaines, par lesquelles passent des informations éminemment stratégiques."

En effet, le fait que le gouvernement ait demandé l’aide du cabinet de conseil américain McKinsey pour la campagne de vaccination démontre la non-prise en compte de ce problème par les autorités françaises. Cela s’avère problématique dans le cadre de la sécurité informationnelle française. Bernard Carayon s’interroge d’autant plus du fait que la France possède les talents et les entreprises capables d’effectuer ce travail afin de permettre la protection des intérêts nationaux. Des cabinets de conseils tels que Capgemini Invent ou Acsantis présentent l’avantage d’avoir une expertise dans le domaine médical et de rester sous pavillon tricolore.

Il rappelle par ailleurs que cet état de fait n’est pas une fatalité à laquelle tous les États sont forcément soumis et avance l’argument que "jamais le Pentagone ne solliciterait un conseil étranger quand notre ministère de la Défense recourt à Microsoft et qu’un de nos services de renseignement utilise la société Palantir."

La pandémie aura eu le mérite de mettre en avant certaines carences et de changer certains paradigmes de pensée. Ce fut par exemple le cas, lorsque le 18 décembre 2020, l’Etat français avait posé formellement son veto au rachat de Photonis par l’entreprise américaine Teledyne. Ainsi, des efforts commencent à être réalisés afin de retrouver une véritable souveraineté dans les secteurs stratégiques. Pour conclure sa tribune, l’actuel maire de Lavaur estime que : "Réalisme dans la guerre économique et confiance dans nos capacités intellectuelles doivent désormais orienter la commande publique comme le choix des conseils de nos entreprises : c’est le préalable à une décolonisation intellectuelle, autre mot de la souveraineté.

 

Evan Tirologos

Pour aller plus loin :