Brève

L’intelligence économique comme dernière chance pour l’industrie algérienne ?

Le 23 février 2021 par Pierre Coste

L’ancien directeur général de l'intelligence économique-études et prospective en Algérie Mohamed Bacha a pris la fonction de ministre de l’Industrie ce lundi 23 février. Il aura pour mission de sauver le monde industriel algérien qui ne cesse de s’enliser.

Economiste de formation, Mohamed Bacha représente la volonté de l’Etat algérien de rétablir sa zone d’influence et d'attirer des fonds d’investissements étrangers. Depuis 2015, la 4ème économie du continent africain n’a cessé de se détériorer principalement en raison de la baisse de rentabilité des hydrocarbures qui représentent 94,5% des exportations du pays. En effet sur l’année 2020, l’Algérie accuse une baisse de 20 milliards de dollars de recettes d’exportation d’hydrocarbures, ce qui représente 40% sur l’année.  Des chiffres inquiétants que le nouveau ministre de l’Industrie va devoir freiner, principalement dans le secteur de l’automobile qui symbolise l’alarmisme ambiant d’un pays qui en 2015 a atteint les 15% de déficit public.

L’ancien ministre Ferhat Aït Ali promettait en janvier "la relance de cette industrie sur des bases solides qui rompent avec les pratiques du passé", il n’en sera pas l’artisan puisque sanctionné pour ses mauvais résultats et des contestations de plus en plus vigoureuses en raison de l’anniversaire du Hirak. Le président algérien n’a eu de cesse d’user de symboles politiques forts comme le nouveau code électoral, la dissolution de l’Assemblée nationale et la rencontre avec les partis de l’opposition.

Malgré les actions politiques, des mouvements de violence sont à prévoir progressivement comme le montre les manifestations de ce début de semaine. Si la jeunesse a réussi à obtenir le départ de l’ex président Bouteflika, elle n’a pas réussi à obtenir des garanties pour son avenir : en 2017 le taux de chômage était de 11,7% pour la tranche des 16 à 24 ans qui représente 29,1% de la population.  

Sur la question propre au domaine de l’intelligence économique, un basculement semble se dessiner. A l’instar du Quantitative easing, la pensée de l’intelligence économique jusque là perçue comme non conventionnelle, gagne en fréquence d’utilisation. Ce modèle de pensée, jusque-là alternatif, fait aujourd'hui le pas vers une reconnaissance accrue en s’intégrant dans une fonction ministérielle .  

 

 Pierre Coste

 

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