Brève

Total se positionne sur le plus gros projet LNG au monde

Le 12 mars 2021 par Pierre Gonsolin

Laurent Vivier, directeur Exploration et production de Total pour le Moyen-Orient et l’Afrique, était au Qatar mardi 9 mars 2021. En ligne de mire, le nouveau projet North Field Expansion, qui doit propulser le pays comme premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (LNG) et dont Total souhaite prendre une participation.

Le projet North Field Expansion (NFE), est un projet mené par l’entreprise étatique Qatar Petroleum au niveau du plus grand gisement mondial connu South Pars. Il vise à l’augmentation de plus de 40% de la production de LNG d’ici 2027, afin d’atteindre une production totale de 110 millions de tonnes par an pour refaire de  l’émirat le premier producteur de LNG au monde. L’entreprise qatarie dispose déjà de 7 trains de LNG, qu’elle a développé avec des partenaires comme Exxon-Mobil, Total ou encore Shell. Néanmoins l’influence américaine reste importante à Doha, malgré la création en 2016 de QatarGas (QG). Issue de la fusion entre QG et RasGas (Exxon-Mobil et QG), l’influence de l’entreprise américaine, descendante de l’empire Rockefeller, reste très forte. D’autant plus que le petit émirat héberge sur son territoire la plus grosse base américaine du Moyen-Orient. Total quant à lui est présent au Qatar depuis 1936,  et est  l’unique entreprise étrangère à exploiter en propre, c’est-à-dire sans participation majoritaire d’une entreprise étatique, un champ d’hydrocarbure. 

 

Alors que le monde occidental bascule de plus en plus vers des énergies non pilotables (éolien ou solaire), que le nucléaire n’a plus la cote en Europe, le gaz est la ressource qui séduit de plus en plus de pays. Avec l’arrêt de son programme nucléaire, l’Allemagne a vu sa consommation de gaz naturel augmenter de 10% entre 2018 et 2019 et le pays est sur le point de finaliser le gazoduc Nordstream 2, provenant de Russie. Le LNG, facilement transportable, représente donc une grande opportunité pour l’industrie pétrolière et notamment pour Total, aujourd’hui 2ème entreprise productrice de LNG dans le monde et qui souhaite alléger son bilan carbone. 

 

Après le démarrage d’un immense projet au Mozambique, le projet NFE doit permettre à la multinationale française de s’assurer l’accès à une ressource clé de la transition énergétique. Total réalise une campagne d’influence, afin d’obtenir une part importante des futurs trains de LNG: cessions de participation dans plusieurs projets, construction d’une centrale solaire, délégation pour l’inauguration d’un musée, sont utilisés pour séduire le gouvernement qatari.

 

Grâce à des investissements récents dans l’éolien offshore, le solaire ou même le biogaz (avec le rachat récent de Fonroche), l’entreprise française souhaite devenir un acteur majeur de la transition énergétique. Preuve que le secteur français énergétique a encore de beaux jours devant lui. 

 

Pierre GONSOLIN

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