Brève

La Russie se tourne vers l'hydrogène

Le 8 avril 2021 par Ugo Viens
Crédits : Novatek

Novatek Ob Project, projet de production de Gaz naturel liquéfié (GNL) et pilier de la stratégie GNL du géant russe Novatek, produira finalement de l’hydrogène. Si les deux autres sites de production Yamal LNG et Arctic LNG continueront la production de GNL, le troisième profite d’un changement de stratégie. Alors que la société exporte de plus en plus de gaz à travers le monde, cette dernière profite des contretemps de sa technologie Arctic Cascade afin d’amorcer le tournant des énergies vertes. Un signe de plus de l’engagement d’un changement de vision dans la stratégie russe d’exportation énergétique.

Le projet Novatek Ob vient de vivre un revirement de sa stratégie. Originellement prévu pour produire 5 millions de tonnes de gaz par an, ce dernier devra produire de l’hydrogène et de l’ammoniaque. Le partenariat de 130 millions prévu initialement avec Siemens et Kazancompressormash a, quant à lui, été annulé. Parallèlement, un nouveau contrat est en négociation avec l’Allemand Linde afin de produire de l’ammoniaque. En effet, les retards de la technologie Arctic Cascad poussent la société Novatek à revoir sa stratégie. Cette technologie, en test sur le quatrième train de liquéfaction du projet Yanal GNL, a dû être arrêtée du fait de ses performances décevantes. Cependant, ce retard n’est pas le seul facteur poussant la société russe à se tourner vers l’hydrogène. Les différentes promesses de la filière hydrogène, notamment dans les transports, attirent Novatek. De plus, la récente remise en cause des estimations de consommation mondiale de GNL et Pétrole pousse également l’entreprise à explorer de nouveaux secteurs. 

La Russie présente de nombreux avantages en matière d’énergie verte, le pays dispose de grandes ressources solaires, éoliennes et hydrauliques, laissant penser à de nombreuses opportunités pour le développement de la Russie. Ce changement de stratégie fait aussi écho à la décision de Gazprom de transporter de l’hydrogène grâce à Nordstream 2. De plus, le pays dispose déjà d’un réel savoir-faire en matière de vaporeformage grâce à sa technologie SMR (Small Modular Reactors) lui donnant une longueur d’avance. 

En développant l’industrie de l'hydrogène, la Russie se prépare donc à diminuer hypothétiquement sa dépendance à ses exportations d’hydrocarbures, mais aussi à proposer une énergie de substitut compétitive et verte pour les marchés en transition énergétique.


Ugo Viens

 

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