La lutte contre la manipulation de l’information (LMI) en France est organisée autour d’un écosystème riche, regroupant institutions publiques, technologies, médias, géants du numérique, think-tanks, acteurs académiques, ONG, associations et des initiatives collaboratives. Cette cartographie vise à offrir une présentation de l’écosystème et des interactions entre les acteurs.
Le panorama repose sur plusieurs choix de représentation. En premier lieu, seules les entités françaises ou ayant un impact majeur en France sont répertoriés. En raison du fort dynamise de l’écosystème, mais aussi du grand nombre d’initiatives qui disparaissent chaque année, seules les entités actives au moment de la rédaction de la cartographie sont recensées (mars 2025). La cartographie présente une division de l’espace informationnel en 8 classes d’acteurs qui encerclent la société civile. Quatre niveaux sont distingués. D’abord, la société civile, vers qui l’ensemble des acteurs exerce des actions d’influence. Ensuite, les relais et réseaux, sur lesquels les différents acteurs effectuent leurs vérifications et qui servent à partager leurs messages afin d’atteindre la société civile. Puis les classes d’acteurs, qui regroupent les grandes catégories d’entités luttant contre les manipulations de l’information. Enfin se trouvent les acteurs et leurs initiatives.
Un faible nombre d’acteurs à l’origine du problème
Les actions de lutte contre les manipulations de l’information agissent en réaction à la propagation de ce type de contenus sur un nombre limité de plateformes clés. La prolifération d’acteurs et d’initiatives ne suffit jusqu’à présent pas à combler des problèmes qui naissent au niveau des plateformes et de la gestion de leurs algorithmes.
Environnement fragmenté
Le système de lutte contre les manipulations de l’information est vaste, mais peu coordonné. Si des collaborations et des interactions existent, elles ne permettent pas l’émergence d’un tissu réactif, complémentaire et efficace.
Cadre légal insuffisant
Le système législatif Français pour la LMI est face à de nombreux défis et peine à définir un cadre légal adapté. Des problèmes persistent sur le manque de contrainte, le retrait de certaines plateformes du code des bonnes pratiques et une difficulté d’application.
Industrie sous-développée
Les réponses technologico-industrielles sont largement absentes ou encore au stade embryonnaire par immaturité ou manque d’envergure et d’adoption.
Fact-Checking en débat
Les acteurs ayant la plus grosse audience, en particulier les médias, ont tendance à un recours excessif au fact-checking, dont les limites sont de plus en plus étudiées.
Nous invitons toutes les entités non mentionnées dans cette édition à contacter le club influence de l’AEGE pour enrichir la prochaine mise à jour de cette cartographie et afin de mieux refléter la diversité des acteurs impliqués.