Brève

La cartographie outil d’analyse au service de l’aide à la décision

Le 18 février 2019 par Brice Albert
Cartographie de Brice Albert

La cartographie est un discours construit utilisant l’espace comme support. Elle traduit un sujet, une thématique ou encore un processus dans un langage graphique. Ce langage est constitué de signes, de couleurs, de mots, mettant en évidence les informations nécessaires à la compréhension d’un environnement complexe.

La réalisation d’une cartographie aide à appréhender un sujet et à accumuler des connaissances sur ce dernier, et ce, sans apriori. De surcroit, elle permet de hiérarchiser des informations les unes par rapport aux autres et ainsi de se construire un schéma de pensée. Le discours cartographique n’est pas une représentation objective d’une situation ou d’un environnement. Chaque élément est choisi et construit pour transmettre une idée et donner une vision précise d’un sujet. Aussi, avant d’être un outil de représentation graphique, la cartographie est une démarche de recherche permettant d’appréhender une problématique. Cet outil de transmission d’informations, moins austère qu’un texte, et souvent plus pertinent dans le cadre de l’étude d’un environnement, a l’avantage d’être évolutif et modifiable. Il est en effet plus facile de déplacer un élément sur une carte que de rajouter un paragraphe sur une note. Bien qu’elle représente une photographie à un instant T, la cartographie, grâce aux codes graphiques, permet d’ajouter des tendances et des éléments passés. Ainsi, plusieurs temporalités peuvent être affichées sur le support.

 

Les objectifs de la cartographie sont multiples :

 

  • Faciliter la compréhension des écosystèmes par le biais de la visualisation ;
  • Identifier les acteurs et leurs rôles en fonction d’une problématique précise ;
  • Mettre en évidence les relations entre interacteurs et leurs influences mutuelles, qu’il s’agisse d’actions publiques ou de signaux faibles ;
  • Anticiper les mouvements futurs des acteurs, par l’interprétation de la situation globale cartographiée.

La visualisation des données, judicieusement placées sur un support, facilite grandement la compréhension d’une situation ou d’un environnement. Bien qu’il existe divers outils de visualisation des données, tels les cartes heuristique (mind map) ou outils de data visualisation, tels les tableaux ou graphiques ; la cartographie permet une libre création d’une situation, sans contrainte d’espace, de forme ou encore de temps. Néanmoins, pour que cet outil soit efficace et pour que l’information qui y est transmise soit bien comprise par le décideur, le concepteur doit faire preuve de rigueur et d’application.

La réalisation d’une cartographie nécessite diverses compétences au-delà de la simple maitrise d’un logiciel adapté. Aussi, sa réalisation doit se faire par étape, afin que son objectif soit atteint : à savoir la mise en évidence d’informations stratégiques dans un écosystème complexe.

 

Recherche et validation des sources

L’acculturation au sujet traité et la phase de collecte d’informations sont les premières étapes de la réalisation d’une cartographie. Cette recherche peut s’effectuer à différents niveaux : par le biais de sources ouvertes sur internet, via des interviews ou encore grâce aux ressources internes d’une entreprise ou d’une organisation qu’il ne faut jamais négliger. Les informations collectées peuvent alors être placées sur le support. A priori, ces informations ne doivent pas obligatoirement respecter un plan de visualisation précis. Une bonne cartographie ne peut être réalisée en un seul jet : une phase « exploratoire » est nécessaire. C’est pourquoi, aux prémices de sa réalisation, la cartographie peut ressembler à une vaste nébuleuse, où s’entremêlent quantité d’acteurs, d’organisations et les relations entre eux. L’avancée des recherches et le recoupement des sources, permettront à terme, d’élaguer les informations superflues afin de créer un rendu homogène, où les informations stratégiques seront mises en évidence et où la compréhension du sujet sera optimale. 

Comme dans tout travail de recherche, le recoupement des informations et la validation des sources sont primordiaux.  Il est nécessaire de s’assurer de la justesse d’une information avant de la placer sur le support. Une seule et unique erreur concernant un acteur ou un mouvement, peut fausser la cohérence de toute la cartographie. Si l’information ne peut être totalement vérifiée ou s’il s’agit d’un signal faible, la représentation de cette information sur le support (couleur, forme, taille) doit être différente du reste des informations et la légende doit le préciser.

 

Choix d’une organisation de visualisation

Une fois le travail de recherche effectué, il est nécessaire de réfléchir à une organisation de visualisation. Cette phase peut se faire en aval de la recherche d’informations. Or l’avancée des recherches permettant parfois de trouver de nouveaux axes de recherche, elle peut aussi se faire après la recherche d’information. L’organisation visuelle doit être pensée pour faciliter au mieux la compréhension de l’environnement cartographié et des enseignements retirés de la recherche et de l’analyse préliminaire. La multiplication des thèmes ou le surplus d’acteurs placés sur le support pouvant nuire à la compréhension globale. Rappelons qu’un des objectifs d’une cartographie est de mettre en évidence une information stratégique dans un écosystème et non de répertorier un ensemble d’acteurs. Pour ce travail-ci, un simple tableur Excel suffit.

 

Création de conventions visuelles

Après que l’organisation de visualisation des données ait été définie, le concepteur de la cartographie se doit de choisir des conventions visuelles, pour caractériser ses informations et ses flux (couleur, forme, taille, logos). Cette légende doit, tout comme le plan de visualisation, permettre de faciliter la compréhension des informations et attirer le regard du donneur d’ordre sur des éléments déterminants. La taille, les formes ou encore la couleur des éléments et des flux placés sur le support, doivent correspondre à une logique précise et devront être respectés durant l’intégralité de la conception de la cartographie.

 

Actualisation de la cartographie par une veille active 

Cette dernière étape est primordiale. Elle fait la force d’une bonne cartographie. Comme nous l’avons exprimé plus avant, la cartographie, bien qu’elle puisse représenter une situation présente, trouve son intérêt dans l’actualisation des données et l’anticipation des mouvements futurs. Pour cela, il est nécessaire de procéder à une veille active sur la thématique cartographiée et à une actualisation des sources. Aussi, la veille permettra de confirmer ou d’infirmer les tendances qui avaient été inscrites au préalable. Si ce travail est effectué correctement, alors la cartographie sera d’autant plus efficace et servira sans limites de temps ou d’informations. Le décideur pourra s’y référer à n’importe quel moment. Dès lors, cet outil, bien plus qu’un simple format de rendu, représentera un moyen de diffusion de l’information utilisable dans l’intégralité du processus de décision.

 

Diffuser efficacement l’information et faciliter la prise de décision

 

Pour le veilleur ou l’analyste chargé de travailler sur des écosystèmes complexes et des environnements aux variables multiples, l’utilisation de la cartographie représente un moyen très efficace de diffuser l’information stratégique. Le rendu visuel ayant toujours un plus grand impact qu’un texte, même court, la cartographie, en ayant l’avantage d’être modifiable et évolutive, permettra au décideur d’économiser du temps et des ressources. Pleinement intégrée au processus de recherche en intelligence économique, la cartographie est sans contexte un puissant outil d’aide à la décision.