Brève

Lancement de l’Observatoire du Lobbying : vers plus de transparence ?

Le 4 mai 2021 par Sofiane Bourzoufi

Pour mieux comprendre les données de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP), Smart Lobbying, la start-up française, lance ce 29 Avril la première édition de l’Observatoire du lobbying : une synthèse qui permet de comprendre les déclarations d’intérêts au sein d’un secteur dynamisé par la crise sanitaire.

Depuis mai 2017, les lobbyistes étaient déjà tenus de déclarer leurs activités à la HATVP. Dans un but de transparence, les données étaient accessibles à tous en source ouverte mais restent néanmoins peu lisibles et compréhensibles. Désormais, le rapport de l’Observatoire permettra de mettre en lumière des activités mêlant souvent intérêts publics et privés, afin de démystifier un secteur souvent empreint d’une image négative dans l’opinion publique.

Le rapport met en avant un premier point : la pandémie a rebattu les cartes du lobbying, 15% des actions menées concernaient des dépenses liées à la pandémie (1380 actions sur 9267). Parmi elles se partagent aides pour les entreprises (20%), santé et médico-social (14%) ainsi que budget de l’Etat (11%). Le secteur de la santé affiche une croissance de 11% par rapport à 2020. Les secteurs d’activités régaliens en revanche, Affaires Etrangères, Coopération Internationale, Défense et Sécurité, Justice, sont parmi les domaines les moins attirés par les lobbyistes. Concernant les cibles, ce sont les parlementaires qui font l’objet de plus d’actions (66%), le Ministère de l’Economie et des Finances (20%) en deuxième position, puis le Premier Ministre (17%) avec le Président de la République et ses équipes (14%).

Le rapporteur sur le lobbying au Parlement, Sylvain Waserman, le rappelait : “la transparence ne permet pas la lutte contre la corruption, mais elle recrée un lien de confiance “. Même si ce dernier se refusait à renforcer les obligations pour les députés, et affirmait que “le lobbying peut créer de la valeur ajoutée”, il faut néanmoins pointer le manque de “granularité et de finesse” dans les données transmises à l’HATVP, ce qu’ambitionne de résoudre l’Observatoire du lobbying.

Sofiane Bourzoufi


 

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