Brève

Révélations sur l’obtention de la coupe du monde de football 2022 au Qatar

Le 24 mai 2021 par Pierre Gonsolin
Crédits : FIFA

Le site Internet Blast-info.fr, fondé par Denis Robert, a récemment publié une série d’articles sur le Qatar et sur la “Qatar Connexion” qui aurait permis notamment l’obtention de la coupe du monde par le riche Émirat. Après la Norvège qui a décidé de boycotter la compétition pour protester contre le non-respect des droits de l’Homme, va-t-on assister à une levée de boucliers généralisée ou une relocalisation de la compétition chez un candidat évincé?

En Décembre 2010, la FIFA décide d’attribuer l’organisation de la Coupe du Monde 2022 au  Qatar. Le riche émirat, plus connu pour ses réserves de gaz que pour son équipe de football, devient le  premier pays du Golfe à organiser la plus grande compétition sportive au monde.  Fruit d’un intense lobbying, l’émirat a utilisé de tout son poids diplomatique pour convaincre les pays membres de la FIFA de lui laisser organiser la coupe du monde.

Très vite des accusations de corruption fleurissent, poussées notamment par la jalousie des pays voisins du Golfe, comme l’Arabie Saoudite ou les Emirats Arabes-Unis. Jamais prouvé, l’achat de cette coupe du monde par le pays pourrait revenir sur le devant de la scène à la suite de la divulgation de nouveaux documents par le site blast-info. Appuyé par des images de documents officiels qataris, il montre comment le gouvernement de l’émirat a autorisé le paiement de 22,6 millions d’euros à 15 membres du comité exécutif de la FIFA. L’argent aurait transité via un milliardaire du nom de Mohamed Ben Hammam Abdallah, proche de l’émir. L’homme a été directeur de la confédération asiatique de football et membre du comex de la FIFA par le passé. En 2012 il est banni par le comité éthique de la FIFA pour avoir tenté d’acheter des voix afin de favoriser son élection au poste de président de l’organisation. Un autre document, publié par le même site, montre une demande de paiement de 9,1 millions d’euros à destination de Laurent Platini, le fils de l’ancien président de l’UEFA. Laurent Platini est embauché en décembre 2011 par la marque Burrda Sports, propriété de l’émirat.

La publication de ces documents officiels pourraient rebattre les cartes au sein des instances footballistiques. Ils pourraient aussi favoriser l’émergence d’un front anti-Qatar et ainsi remettre en cause le soft power sportif utilisé par le pays. Alors que des pays comme la Norvège ont déjà appelé publiquement au boycott de la coupe du monde 2022, il sera intéressant de suivre l’évolution des poursuites judiciaires liées à la publication de ces nouveaux documents. De quoi redéfinir l’influence dont dispose le riche émirat?

 

Pierre Gonsolin

 

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