Analyse

Guerre informationnelle de Pékin : des thinks tanks français impliqués ?

Le 21 septembre 2021 par Nathan Crouzevialle

Un rapport sur l’offensive informationnelle de la Chine a mis le feu aux poudres entre l’Institut de Recherche Stratégique de l’Ecole Militaire (IRSEM) et le think tank français l’IRIS. L’IRSEM y affirme que l’IRIS servirait plus ou moins consciemment de relais d’influence pour la puissance chinoise sur le territoire français. L’IRIS par le biais de son président, Pascal Boniface, a répondu dans un communiqué, signal qu'une guerre informationnelle est désormais ouverte entre les deux instituts de recherche.

L’IRSEM a publié un rapport sur les réseaux d’influence déployés par la Chine à des fins de guerre informationnelle ce lundi 20 septembre. Ce rapport produit par Jean-Baptiste Jeangène Vilmer et Paul Charon tente de démontrer l'existence d'un gigantesque réseau d’influence chinois mise en place pour défendre les positions du Parti Communiste Chinois, notamment en France. 

Cette étude de 650 pages présente un panorama complet des offensives chinoises mais un passage en particulier soulève un intérêt particulier dans la communauté scientifique française. Dans cette partie sur les relais d’influence de Pékin en France, les deux chercheurs de l'IRSEM dénoncent certains relais d’actions positives des actions de l'Empire du Milieu en France. En dehors de la Fondation Prospective et Innovation présidée par Jean-Pierre Raffarin qui est souvent accusé de faire l’éloge de la Chine, on retrouve l’IRIS dirigé par Pascal Boniface. Le rapport met en cause le think tank car il laisse conter le récit officiel de la puissance asiatique par l’ambassadeur de Chine en France tout en reproduisant ces éléments de langages sans vraiment apporter de véritables débats contradictoires sur les projets des nouvelles routes de la soie.

L’IRIS a tenu à répondre via un communiqué. Pascal Boniface, son directeur, y dénonce un procès d’intention et un problème méthodologique. Il refuse catégoriquement tout parti pris positif envers la Chine. Il y défend la vision critique de la Chine que l'Institut déploie et se refuse à ne pas dialoguer avec les pays avec lesquels la France a des divergences stratégiques.

Cette guerre informationnelle entre les deux entités n’en restera pas là puisque comme indiqué, l’IRIS va revenir avec une réponse plus détaillée pour contrer les allégations de l’IRSEM.

 

Nathan Crouzevialle

 

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