Brève

Le nouveau missile hypersonique Kinzhal, symbole de l’avancée technologique militaire russe

Le 4 mars 2021 par Maël Caillette

Les armes catégorisées hypersoniques sont un axe majeur de l’armement de ces dernières années. Ces missiles balistiques ont des capacités bien supérieures à leurs versions conventionnelles et donnent un avantage stratégique pour celui qui les détient. Le développement constant de l’industrie de la défense russe sert de tremplin à l’établissement de nouveaux accords commerciaux avec des pays dans le monde entier.

Lors des élections en 2018, le Président Vladimir Poutine avait mis en avant la capacité de la Russie à utiliser sur le terrain un nouveau type de missile, à la surprise de l’Occident qui venait tout juste de commencer le développement de telles armes. 

Pour les industries occidentales, l’avance de Moscou dans ce domaine marque le début d’une course pour les rattraper. Les industries russes s’approvisionnent en quantité dans des pays spécifiques et limités, les industries occidentales et asiatiques ont accès à un marché bien plus vaste : la Russie se concentre sur l’Asie de l’Est, l’Afrique et une partie de l’Amérique du Sud, laissant les autres industries se partager le reste du monde. Les relations qu’entretient la Russie avec les anciens pays du bloc soviétique, et de nombreux pays en voie de développement forment un terreau fertile pour développer des relations commerciales fortes. Moscou a d’ailleurs réussi sur ce plan là en développant un pan entier de son industrie de la défense, utilisable partout dans le monde, même par des troupes irrégulières. La vente d’armes dans un premier temps peut se diversifier, et atteindre d'autres secteurs par la suite, comme celui de l’énergie. A titre d’exemple, Gazprom possède une antenne importante en Algérie, premier importateur d’armes russes en Afrique. De fait, ce nouveau modèle de missiles serait une source de revenus non-négligeables, d’autant plus qu’ils dépassent les actuelles capacités de défense des États, ce qui accroît son intérêt stratégique.

En soutien à ces nouvelles armes, plusieurs dispositifs sont à développer en parallèle comme l’ensemble de l’aspect logistique : la taille du missile qui est plus importante, les avions destinés à le transporter doivent être modifiés et les matériaux nécessaires à sa conception sont plus rares. Malgré les moyens mis en œuvre par les entreprises occidentales, la Russie conserve une longueur d’avance, à l’image des nouveaux missiles Mini-Kinzhal, plus développés et capables d’être embarqués sur des drones. Les premiers missiles de cette nouvelle ligne seront déployés dans la péninsule du Kamtchatka, proche de l’Alaska et du Pôle Nord, ce qui leur donne un avantage technologique majeur pour le contrôle stratégique de la zone arctique. 

De l’autre côté de l’Atlantique, les États-Unis intègrent donc de manière croissante ces nouvelles armes à leur arsenal, évoquant même l’idée de remplacer des porte-avions par des missiles hypersoniques, à budget identique. La pertinence de ces réflexions est accentuée aujourd’hui par des armes qui dépassent les défenses existantes. La semaine dernière, la coopération des forces américaines et japonsaises en marge de la mer de Chine dans le cadre d’un exercice autour des capacités de leurs défenses anti-missiles balistiques, illustre la nécessité d’amélioration permanente des arsenaux des puissances et les attentes derrière les industries de défense.

 

Maël Caillette

 

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