Brève

Souveraineté numérique : le Ginum sort son livre bleu pour un numérique souverain et responsable

Le 23 mars 2022 par Quentin de Gryse

La crise du Covid-19 et les récents évènements en Ukraine ont en de nombreux points agit comme des accélérateurs de crises existantes. Parmi elles, celle de la dépendance numérique et technologique de la France et des pays européens, s’est révélée particulièrement critique pour leur souveraineté. Le besoin d’autonomie dans un secteur aussi stratégique ne s’est jamais autant fait ressentir.

C’est dans ce contexte que Orange, l'Association Le Club Valin, CS GROUP et Mentor Consultant ont fondé en septembre 2021 le Groupement des Intervenants du Numérique pour la défense, la sécurité et les enjeux d’importance vitale (GINUM). L’association a pour volonté de créer des synergies pour développer des propositions associant transformation numérique, performance et autonomie stratégique. 

La finalité est de permettre aux entités publiques et privées de la défense, de la sécurité et des enjeux d’importance vitale d’avoir la capacité de choisir leurs dépendances numériques.

Dans cette optique, le GINUM annonce la sortie de son premier « Livre Bleu », visant à préciser ces enjeux de souveraineté numérique et à établir des axes de réflexion autour de sujets essentiels et vitaux pour cette souveraineté : 

  • La mise en œuvre effective d’une stratégie industrielle

  • Un numérique innovant et respectueux des valeurs françaises en matière environnementale et éthique

  • La sécurisation des approvisionnements de bout-en-bout 

  • La gestion des compétences

Ce Livre Bleu est le résultat de groupes de travail composés des adhérents au groupement et d’entretiens réalisés auprès d’acteurs industriels, académiques et étatiques. 

Il se distingue par une approche pragmatique, avec une volonté de cerner les besoins métier en matière de souveraineté numérique, afin de définir les degrés de liberté d’action nécessaires garantissant la maîtrise des technologies numériques.

Les axes de réflexion identifiés laissent entrevoir la volonté :

- d’établir de la réciprocité dans les rapports de force avec les grandes puissances du numérique, comme l’illustre par exemple la nécessité d’étudier la faisabilité de mise en place des règles type EAR américain aux niveaux national et européen. Cette règlementation permet aux États-Unis d’exiger entre autres une licence des autorités américaines pour le transfert de technologies depuis n’importe quel pays si la valeur des composants ou logiciels américains « contrôlés » de la technologie dépasse 25 %. En février 2018, les États-Unis avaient bloqué  l’exportation de 12 Rafale à l’Egypte, prétextant le refus de transfert à l’Egypte de puces électroniques, composantes essentielles de missiles de croisière Scalp fabriqués par MBDA.

- de valoriser les atouts français dans le numérique. L’axe de réflexion autour d’un label "Souveraineté numérique" permettrait par exemple de construire des formations avec les industriels proposant des solutions souveraines, ou encore la volonté de faciliter une démarche de « parcours de talents » entre les intervenants au sein d’une "Filière Souveraineté". 

Ces travaux n’en sont qu’à leurs débuts et le GINUM souhaite intégrer davantage d’acteurs à ses futurs groupes de travail. Sur la base des axes de réflexion identifiés dans ce Livre Bleu, il s’agira de définir des propositions concrètes qui feront l’objet d’une deuxième édition.

 

Quentin de Gryse

 

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