Brève

Thomas Courbe prendrait les commandes de l'Intelligence économique française et de la DGE

Le 26 juin 2018 par Marvin Looz
RB - Fred Romero / Flickr

Thomas Courbe, actuel numéro deux du Trésor, devrait prendre la tête de l'Intelligence économique au gouvernement ainsi que celle de la Direction générale des entreprises (DGE).

Depuis que Jean-Baptiste Carpentier avait quitté ses fonctions de CISSE (Commissaire à l'information stratégique et à la sécurité économiques) en janvier 2018, l'Intelligence économique française demeurait acéphale. Après des mois d'hésitations et de tractations, c'est finalement  le nom de Thomas Courbe qui est pressenti pour reprendre les commandes de l'Intelligence économique au niveau gouvernemental. Il succèdera à ce poste à de grands noms tels que ceux d'Alain Juillet ou de Claude Revel, têtes pensantes de l'IE en leur temps. M. Courbe devrait également reprendre la Direction générale des entreprises (DGE) de Bercy, sous l'autorité du ministre de l'Économie et des Finances, donc. Ce rapprochement entre les entités fait écho aux déclarations d'avril 2018 du ministre Bruno Le Maire, qu'avait relayé le Portail. Cette nomination serait également, entre autres, le fait d'Alexis Kohler, ancien du Trésor maintenant secrétaire général de l'Élysée.

 

Né en 1972, diplômé de Sup'Aéro, Thomas Courbe commence sa carrière au sein de la Direction générale de l'armement (DGA) où il occupe alors le poste d'ingénieur en chef de l'armement. Il s'oriente néanmoins rapidement vers Bercy et entre au Trésor en 2002.

D'abord chef du bureau Afrique de la Direction des relations économiques extérieures puis de la Direction générale du Trésor, il est nommé chef du bureau des affaires aéronautiques, militaires et navales en 2007. Secrétaire général du Club de Paris (« groupe informel de créanciers publics dont le rôle est de trouver des solutions coordonnées et durables aux difficultés de paiement de pays endettés ») de 2007 à 2009, il est placé à la sous-direction des relations bilatérales de la Direction générale du Trésor et de la politique économique entre 2009 et 2010. Entre novembre 2010 et mai 2012, il est également directeur de cabinet du secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, Pierre Lelouche (UMP/LR), et directeur adjoint du cabinet des ministres de l'Économie, des Finances et de l'Industrie.

En juillet 2012, il est nommé secrétaire général du Trésor, puis en devient le directeur général adjoint en septembre 2015.

 

Disputée par les services de renseignement et par l'adiministration de Bercy de longue date, c'est à cette dernière que semble donc cette fois revenir l'Intelligence économique française, bien que le volet offensif reste de la responsabilité des services. Comme le souligne Challenges, c'est un véritable défi que devra relever Thomas Courbe, en charge à la fois d'assurer la défense des entreprises considérées comme stratégiques par l'État, et d'attirer les investissements étrangers en tant que directeur de la DGE.

Reste maintenant à espérer que le morcellement et les contradictions au sein et entre les services dédiés à l'IE – que déplorait encore le rapport de la Commission d’enquête sur les décisions de l’État en matière de politique industrielle, notamment dans les cas d’Alstom, d’Alcatel et de STX rendu public en avril 2018 – pourront enfin être surmontés et que la préservation des intérêts stratégiques de la France soit durablement assurée.

Marvin Looz