Brève

La Commission européenne interdit le projet d’acquisition d’Alstom par Siemens

Le 8 février 2019 par Alexandre Kahn

Le 6 février dernier, la Commission européenne a interdit le projet d’acquisition d’Alstom par Siemens. L’enquête menée par l’autorité européenne depuis juillet 2018 n’a pas dissipé les craintes d’abus de position dominante du nouvel acteur européen.

Les cessions d’actifs structurels proposées par les deux groupes ferroviaires jugées insuffisantes

Appuyant la décision de la Commission européenne, Margrethe Vestager, commissaire européenne à la Concurrence, a affirmé qu’en l’« absence de mesures correctives suffisantes », la fusion d’Alstom et de Siemens aurait fait peser un risque de position dominante trop important sur les marchés des systèmes de signalisation ferroviaire et des trains à très grande vitesse. 

Soucieuse de ne pas restreindre le choix des clients – opérateurs ferroviaires et gestionnaires d’infrastructures – la Commission s’est inquiétée du ralentissement de l’innovation qu’aurait suscité l’appauvrissement de l’environnement concurrentiel. La technologie du Système européen de contrôle des trains ETCS, par son rôle de sécurisation des grandes lignes, notamment des passages transfrontaliers, est un élément essentiel de l’intégration accrue du marché européen, agenda principal de la Commission. 

La concurrence chinoise n’est pas une menace selon la Commission

Arguant de l’absence du géant chinois du ferroviaire CRRC de l’Espace économique européen, la Commission a estimé sans plus de précisions que les acteurs chinois « ne deviendront pas des fournisseurs crédibles pour les gestionnaires d’infrastructures européens avant très longtemps ». Même constat pour le secteur des trains à très grande vitesse : le risque que la Chine ne constitue une contrainte concurrentielle pour Alstom et Siemens est jugé « hautement improbable » dans un « avenir prévisible ». 

La fusion Siemens-Alstom avait suscité des inquiétudes manifestées par les Britanniques et l’Australie à la Commission européenne. Tandis qu’Henri Poupart-Lafargue, PDG d’Alstom, n’avait pas mâché ses mots quelques jours avant la décision de la Commission, la mettant en garde contre ce qu’il a appelé ses « préjugés idéologiques », le contexte s’alourdit autour du sort d’Alstom, notamment depuis que le député LR Olivier Marleix a demandé au procureur de Paris d’enquêter sur l’affaire Alstom-General Electric. 

Alexandre Kahn

Voir aussi : 

Les zones d’ombre de l’affaire Alstom selon Frédéric Pierucci - https://portail-ie.fr/short/2042/les-zones-dombre-de-laffaire-alstom-selon-frederic-pierucci

Rapport de l’Assemblée nationale sur la protection des fleurons nationaux https://portail-ie.fr/short/1660/strategie-industrielle-de-letat-lassemblee-nationale-cherche-a-proteger-les-fleurons-nationaux

Rapport du Sénat sur la stratégie industrielle de l’État- https://portail-ie.fr/short/1675/strategie-industrielle-de-letat-le-senat-sinterroge-a-son-tour-sur-le-cas-alstom