Brève

GNL : Les Etats-Unis menacent l’hégémonie qatarie

Le 27 mai 2021 par Evan Tirologos

Alors que la concurrence autour du gaz naturel liquéfié (GNL) est féroce entre les principaux pays exportateurs, les États-Unis commencent petit à petit à s’affirmer comme une puissance dominante dans ce secteur. Devenu premier fournisseur en Europe, son ascension commence à inquiéter le Qatar dont la suprématie mondiale remonte pourtant à une quinzaine d’années.

Placé au cœur de la transition énergétique compte tenu de ses faibles émissions en CO2, le GNL a pris une importance considérable ces dernières années. L’Europe au travers du Green Deal européen ou des multiples rebondissements autour du projet Nord Stream 2 est rapidement devenue un enjeu géostratégique entre les différentes puissances exportatrices. 

Récemment une information capitale est tombée à ce sujet : les États-Unis sont devenus le premier fournisseur de GNL pour le marché européen au premier trimestre 2021. Cette prise de pouvoir témoigne cependant d’une progression plus générale puisqu'à l'échelle mondiale, Washington se situe désormais à la deuxième place devant des pays comme l’Australie ou la Russie. 

Face à cette menace, le Qatar (assis à la première place depuis 2006 malgré un bref leadership de l’Australie en 2018) n’a pas hésité à réagir en annonçant début février, la construction du plus grand projet de GNL du monde pour augmenter sa production annuelle de 40% à horizon 2025 au détriment d’autres projets américains. Par ailleurs, la monarchie du Golfe a fait du marché asiatique la priorité de ses exportations puisqu’elles concernent à elles seules près 67% du volume global. De plus, son hégémonie ne devrait pas être contestée à long terme tant le pays du Golfe possède des avantages compétitifs dans ce secteur avec des coûts très bas par rapport à ses concurrents. "Personne ne peut rivaliser avec les coûts du Qatar", selon Jonathan Stern, chercheur senior à l'Oxford Institute of Energy Studies. 

Ainsi, malgré la poussée américaine sur le GNL, la tendance à un chassé-croisé entre les deux pays ne semble pas encore d’actualité.

 

Evan Tirologos

 

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