Brève

6G, quelle stratégie pour les Présidentielles de 2022 ?

Le 20 janvier 2022 par Luc de Petiville

La 6G, annoncée pour 2028, serait commercialisée sur le marché d’ici 2030 selon les principales entreprises mondiales de télécommunication. En Europe, le projet Hexa-X lancé le 1er janvier 2021, initie officiellement la course contre la montre. Après le fiasco de la 5G en 2020, l’approche des Présidentielles de 2022 fait émerger son lot de problématiques dont celle du candidat qui soutiendra au mieux les intérêts des français ?

Annoncée comme 100 fois plus rapide que la 5G, nous devrions désormais mettre de côté nos communications Facetime au profit de l’utilisation de l’hologramme. Mais d’ici 2028, nous aurons largement le temps de fantasmer dessus, pour ne pas manquer d’évoquer les enjeux qui se jouent en ce moment autour de la 6G. 

La course à la 6G cache une réalité toute simple : la première entreprise à proposer une offre 6G imposera son standard au monde. D’une part, elle aura un coup d’avance sur ses concurrents pour le déploiement d’antennes, et d’autre part, elle aura l’occasion de vendre ses licences d’exploitation à très bon prix. La 6G ne représentera un jackpot que pour le premier.

Autre fait marquant, la guerre informationnelle entourant la technologie. Avec près de 20 000 demandes de brevet déposées, dont 40% proviennent de Chine et 35,5% des Etats-Unis, l’heure est à la surenchère des annonces. Il convient de rappeler qu’une demande de dépôt de brevet ne signifie en rien qu’une réelle technologie ait vu le jour. De même que les exigences d’un dépôt sont plus poussées en France qu’en Chine. C’est à croire que les sociétés de télécommunication se soient transformées en agence de communication. En novembre 2020, la Chine se targuait déjà de l’envoi de son premier satellite 6G

Il n’en demeure pas moins que les investissements sont au rendez-vous. Très flous en Chine, ils atteignent 4.5 milliards de dollars (soit 3.96 milliards d’euros) conjointement déployés par les Etats-Unis et le Japon, et 900 millions d’euros en Europe.

La 6G ne semble pas avoir de place qui lui soit réservée dans le débat des Présidentielles 2022. Pourtant, scepticisme et peur ont alimenté le débat social, n’empêchant pas un fiasco total lors de l’apparition de la 5G. Nous nous interrogeons sur l’efficacité du gouvernement à avoir endigué ce phénomène de désinformation venu d’Outre-Atlantique. Les élections à venir révèleront-elles un candidat soucieux de la situation problématique de la France ? Les entreprises françaises de télécommunication devront s’attendre à tout type d’actions hostiles à leur égard. OPA, lobbying, vol de technologies, les coups-bas peuvent venir autant de Chine, que des Etats-Unis ou de nos alliés européens. Il ne s’agit pas une fois de plus pour la France de regarder le train passer.

 

Luc de Petiville

 

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